lundi 30 décembre 2013

Freinet, Les techniques Freinet de l'école moderne (1964)


Carnets de pédagogie pratique n° 326, collection Bourrelier, Armand Colin.

Introduction : Nécessité et urgence d'une pédagogie moderne (ci-dessous)







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DU MÊME AUTEUR
·     AUX ÉDITIONS OPHRYS (GAP, HAUTES-ALPES) :
               L'Imprimerie à l'Ecole (1934). — Images du Maquis (poèmes) (1947).
·     AUX ÉDITIONS ROSSIGNOL (MONTMORILLON, VIENNE) — L'Ecole Moderne Française (1957).
·     AUX ÉDITIONS DE LA TABLE RONDE (PARIS) :
— Les Enfants Poètes (1954).
               Vous avez un enfant (en collaboration avec Elise Freinet, préface du docteur A. Berge) (1962).
·     AUX ÉDITIONS DELACHAUX ET NIESTLÉ (NEUCHATEL, SUISSE) :
               Les dits de Mathieu (1959).
— L'Education du travail (1960).
— Essai de psychologie sensible (1966).
— La Méthode naturelle (1968).
·     AUX ÉDITIONS DE L'ÉCOLE MODERNE (CANNES, ALPES-MARITIMES) :
Dans plusieurs collections publiées par la Coopérative de l'Enseignement Laïc (C.E.L.), C. Freinet a publié une série de brochures ou d'ouvrages sur les diffé­rentes techniques de la pédagogie Freinet.
·     OUVRAGE SUR C. FREINET :
— Elise Freinet : Naissance d'une pédagogie popu laire (création de la pédagogie Freinet ; naissance et développement du mouvement de l'Ecole Mo­derne) (Editions de l'Ecole Moderne, Cannes).
© Librairie Armand Colin, 1964
ISBN 2-200-10101-5


SOMMAIRE
INTRODUCTION : Nécessité et urgence d'une pédagogie
moderne  ................................... S
I.            A TEMPS NOUVEAUX, PÉDAGOGIE NOUVELLE.
Les Techniques Freinet de l'Ecole Moderne             9
Comment se pose le problème  12
Les débuts de nos techniques  15
L'Imprimerie à l'école  ........... 18
Naissance du texte libre  ........ 21
Correspondance interscolaire motivée        23
La pédagogie de l'explication superflue       25
Une méthode naturelle d'éducation             30
Des techniques de travail  ...... 34
Un esprit Freinet  .................... 38
II.           LA PRATIQUE DES TECHNIQUES FREINET.
Physionomie d'une classe Freinet     41
Ne pas couper l'école de la vie  44
L'entrée en classe  .................. 47
Texte libre  .............................. 51
La part du maître  ................... 52
L'enfant raconte-t-il n'importe quoi ?          55
Choix du texte  ........................ 57
L'organisation matérielle de l'école             60
Un ordre nouveau basé sur les plans de travail       65
III.          D'UNE CLASSE A L'AUTRE.
A l'Ecole Maternelle  .............. 71
Section enfantine, cours préparatoire et élémentaire        79
Dans une école géminée de village              84
Dans une cla§se de ville  ........ 90
Dans une école mixte  ............ 97
Comment débuter avec les Techniques Freinet ..    100
Deux témoignages ...............  107
IV.        LES MÉTHODES NATURELLES DE L'ECOLE MODERNE.
Méthode naturelle de calcul  117
Méthode naturelle de l'enseignement des Sciences            126
Méthode naturelle de l'enseignement de l'Histoire             127
Examens et brevets .............  129
Les outils et les techniques de l'individualisation      134
Bandes enseignantes et programmations     136
Référence aux Instructions Officielles           140
V.         CONTRE LA SCLÉROSE DES TECHNIQUES FREINET           142


Introduction
NÉCESSITÉ ET URGENCE D'UNE PÉDAGOGIE MODERNE

Il fut un temps, jusqu'au début du siècle, où l'évolu­tion sociale et technique ne se faisait qu'au rythme des générations. Les parents et les éducateurs pouvaient pré­parer leurs enfants à leur existence avec la presque certitude qu'ils auraient à faire face aux divers problèmes qu'ils avaient rencontrés eux-mêmes et plus ou moins bien résolus. Les instituteurs savaient aussi, d'avance, ce dont auraient plus tard besoin leurs élèves. Ils n'avaient pas à envisager de changement de techniques et de pédagogie au cours de leur exercice. Ce qu'ils avaient appris à l'Ecole normale était encore valable à la veille de leur retraite, et enseigné avec les mêmes livres et les mêmes méthodes.
Ainsi était le paysan qui n'envisageait aucun changement de culture, ni d'équipement ; et ce n'est que très lentement qu'il introduisait dans ses habitudes quelques outils nouveaux laborieusement expérimentés. Ses fils, à leur tour, porteraient le fumier, soigneraient les arbres, manieraient la faucille ou la pioche comme il l'avait fait lui-même, et les bêtes suivraient les mêmes sentiers.
Nous ne discuterons pas ici la question de savoir si cette stabilité était en tout point bénéfique ou si elle n'était pas le signe, au contraire, du piétinement dont les effets n'étaient perceptibles que d'un siècle à l'autre. Que nous le voulions ou non, cette évolution s'est accélérée à un rythme parfois hallucinant. Vous restez quatre ans sans revoir votre village ou votre quartier, et, à votre retour, des maisons ont été construites, des rues élargies, des arbres centenaires abattus, des routes nouvelles tra­cées et goudronnées ; vous ne retrouvez plus le charme paisible et familier de naguère : des moteurs ronflent, des mines éclatent, des autos et des camions troublent désormais l'atmosphère de ces lieux jadis tranquilles et reposants.
Les enfants eux-mêmes ne sont plus ce que vous étiez à leur âge. Ils n'ont plus, ni les mêmes soucis, ni les mêmes intérêts, ni le même caractère : eux aussi se modernisent à grande allure et leur comportement en est modifié. Le passé a changé de visage. Si vous essayez aujourd'hui de parler à ces enfants, ou à ces jeunes si résolus, vous êtes surpris de voir qu'ils n'entendent plus vos propos de la même oreille que les jeunes d'il y a dix ans, qu'ils se désintéressent de votre expérience personnelle; et vous avez le sentiment d'un très rapide vieil­lissement.
Au début du siècle, ce que nous racontaient les vieux grands-pères qui avaient fait la guerre de 70 et vu les premières autos, était à peine différent de ce que nous vivions. Maintenant, à quarante ans, vous êtes déjà la vieille génération pour les adolescents qui montent vers la vie. Ils ne sentent plus comme vous, s'intéressent à d'autres aspects du progrès et réagissent selon des prin­cipes qui vous surprennent et que vous admettez difficile­ment. Nous sommes à une époque où les autos d'il y a dix ans sont des vieux tacots, où un avion de quelques années est un vieux coucou, et quiconque ne vit pas avec le téléphone et la TV, est déjà rejeté dans le monde qui meurt.
Tel est le drame que nous vivons :
En d'autres temps, la pédagogie de 1900 serait en­core pleinement valable. Par la force des choses, elle est refoulée aujourd'hui vers la préhistoire. Ne vous étonnez pas si, sur le plan scolaire, les enfants ne s'intéressent pas à vos textes appris par coeur, à vos exercices, à vos explications, à vos modes de discipline et de vie qui da­tent de leur préhistoire. Quand ils quitteront votre classe 1900, ils enfourcheront leur vélo, ils conduiront peut-être déjà autos et tracteurs; ils discuteront de problèmes qui vous étaient naguère inconnus. Et surtout, les moyens audio-visuels d'information les feront vivre dans un inonde qui n'a aucune commune mesure avec la vieille école où vous vous obstinez à les retenir.
Vous dites alors les enfants d'aujourd'hui ne s'intéressent plus à l'école, ils croient tout connaître et ne savent pas même lire correctement. Ne parlons pas de l'orthographe qui est désastreuse et des acquisitions sco­laires toujours insuffisantes.
Il y a un problème de l'école.
Et vous avez raison : les enfants d'aujourd'hui ne réa­gissent pas comme les enfants d'il y a vingt ans et même d'il y a dix ans. Le travail scolaire ne les intéresse pas parce qu'il ne s'inscrit plus dans leur monde. Alors, inconsciemment, ils ne vous donnent que la portion mi­nime de leur intérêt et de leur vie, tout le reste étant réservé pour ce qu'ils considèrent, eux, comme vraie cul­ture et joie de vivre.
Comment résoudre ce drame ?
Vous pouvez certes essayer l'autorité inconditionnelle qui s'accompagne toujours de la manière forte. Elle ne vous mènera pas loin, parce qu'elle ne va pas dans le sens de la vie, et qu'à la longue, c'est toujours la vie qui triomphe.
Vous pouvez vous lamenter et vous plaindre, lancer des imprécations contre les enfants d'aujourd'hui qui ne savent plus ni écouter, ni obéir, qui n'ont plus le respect et la crainte de la retenue... La litanie est longue, mais les faits sont là... Il faut trouver autre chose.
Lorsqu'un artisan ou un industriel a un atelier qui fonctionne mal, avec des machines démodées, qui grincent et peinent, il ne s'en prend pas aux machines, il n'essaie pas de les forcer à tourner. Il ne les invective pas, sachant bien que cela ne servirait à rien. Il s'applique à moder­niser son atelier afin d'être en mesure de répondre aux besoins de sa clientèle. Tout alors rentrera dans l'ordre et l'atelier aura du rendement.
Nous pouvons nous aussi essayer de moderniser les outils de l'Ecole, d'en améliorer les techniques, pour changer progressivement les rapports entre l'Ecole et la Vie, entre les enfants et les maîtres, de façon à adapter ou à réadapter l'Ecole au milieu, pour un meilleur ren­dement de nos efforts communs.
C'est cette modernisation que nous avons entreprise il y a quarante ans déjà, et qui se poursuit dans des mil­liers de classes de France et de l'étranger, parce qu'elle vise à répondre aux besoins urgents et impérieux de nos élèves dans leur milieu moderne.




Carnets de pédagogie pratique n° 326, collection Bourrelier, Armand Colin.

Introduction : Nécessité et urgence d'une pédagogie moderne (ci-dessous)
1. Les techniques Freinet de l'école moderne
2. La pratique des techniques Freinet
3. D'une classe à l'autre
4. Les méthodes naturelles de l'école moderne
5. Contre la sclérose des techniques Freinet







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