mercredi 9 octobre 2013

Ravaudet, Courage (Cours de morale à l'usage des CM et CS) - 2e éd. 1952



Ouvrage présenté par Lisa Dexburry.

 Préface

         Mes chers Collègues,
Ceci est la nouvelle édition de mon premier livre de Morale qui se trouve être maintenant le second car, par le programme comme par le niveau de son contenu, il fait exactement suite à L'Âge de Raison paru l'an dernier et qui s'adresse aux Cours préparatoire et élémentaire.
Cette édition modifie peu la première. J'ai supprimé plusieurs leçons de politesse — non qu'elles soient inutiles au-dessus de neuf ans ! — mais je les ai reportées avec un plus ample développement dans L'Âge de Raison où elles étaient encore plus nécessaires et d'où elles peuvent être facilement adaptées aux cours suivants.  
J'ai supprimé toutes les considérations d'ordre civique ou social – qui se trouvaient périmées du fait de lois nouvelles ou d'événements récents et me suis appliquée à rester dans un domaine strictement moral, indépendant des circonstances.
J'ai gardé la même formule de présentation : une causerie directe où les « histoires » ne sont pas données au début de la leçon pour l'amorcer mais racontées au cours de la conversation, selon le besoin et l'occasion.
J'ai gardé les mêmes exemples, qui sont généralement des faits pris dans ma classe ou mon village, avec les noms exacts ; ils ne seront pas toujours aussi vivants pour vos élèves qu'ils l'étaient pour les miens, mais vous pourrez toujours les raconter à titre « d'histoires vraies»  ou — mieux — les remplacer par des faits équivalents puisés dans la vie courante de votre école.
J'ai gardé surtout les mêmes directives et la même inspiration.

***

À mon avis, une éducation morale pour être complète doit viser — et atteindre — deux buts, aussi importants l'un que l'autre : donner des habitudes et donner des principes.
Les principes sans les habitudes ne sont que verbalisme vide, mais les habitudes sans les principes n'offrent aucune solidité ; les meilleures s'effritent sous l'influence d'un mauvais milieu, sous l'effet d'une dépression physique ou de circonstances exceptionnelles ; elles doivent être sans cesse contrôlées à la lumière d'une doctrine.
Grâce à notre vigilance, toutes les vertus sociales fleurissent dans nos écoles sous forme de loyauté, de bonne camaraderie, de goût au travail, de respect des règlements, et toutes les vertus individuelles sont en germe dans l'exactitude, l'attention, la volonté de progrès que nous obtenons de nos élèves. Mais ceux-ci quittent à quatorze ans l'école et sa pure atmosphère pour un milieu qui, bien souvent, n'a rien d'éducatif. Que deviendront alors les bonnes habitudes naissantes si nos enfants n'emportent pas, en même temps, la volonté de vivre bien et de solides raisons pour alimenter cette volonté ?

Il faut joindre la théorie à la pratique, les formules aux exemples. Et les formules devront être pour nos élèves pleines de sens et de vie, l'expression même de leur pensée intime.
Pour qu'il en soit ainsi, pour que la formule salutaire se présente à l'esprit de l'individu, non comme un commandement étranger mais comme la voix même de sa conscience, il faut que l'individu soit imprégné de la doctrine et que les formules, simples et frappantes, aient été non seulement éclairées par des exemples et des exercices pratiques, mais encore répétées souvent.
C'est pourquoi mes leçons peuvent être répétées, d'année en année, jusqu'au bout de la scolarité, les exemples seulement variant avec les circonstances.

***

Le sujet de certains exposés pourra vous sembler un peu austère, mais je vois moins d'inconvénients à hausser un peu trop le niveau d'une leçon de morale qu'à trop l'abaisser ; d'ailleurs, les enfants sont plus accessibles qu'on ne le croit aux idées abstraites.
Et puis, si certaines personnes nous défient de pouvoir enseigner sans le secours de la religion une morale efficace, n'est-ce pas un peu parce que nous hésitons à aborder devant les enfants les problèmes fondamentaux du Bien, du Mal, de la Conscience ?
Il nous faut aller au fond des choses si nous voulons fonder notre action morale sur des principes solides.
Ceux que je propose à nos élèves sont simples, intelligibles même au jeune âge, mais sérieux. La loi morale qui s'en dégage est assez pure et assez impérieuse pour satisfaire les consciences les plus exigeantes et je ne crains pas que les enfants qui en seront bien pénétrés soient tentés plus tard de la rejeter comme un enfantillage ou comme une règle arbitrairement imposée.
Vous en jugerez, mes chers collègues, et je souhaite de tout mon cœur que vous trouviez, dans ces leçons tout enfantines, ce que j'ai voulu y mettre : une sérieuse doctrine morale.

M. RAVAUDET.

Saint-Menoux, le 15 mai 1952.

 
TABLE DES MATIERES
PREMIÈRE PARTIE. LA LOI MORALE
La But de la Morale 9
Le Devoir 12
La Conscience 15
La Conscience (suite) 17
La Conscience (suite 20
La Dignité 23
DEUXIÈME PARTIE. NOS DEVOIRS ENVERS L'HUMANITÉ FUTURE
Devoirs envers nos enfants26
Devoirs envers nous-mêmes :
Vivre 29
Le Devoir de vivre (suite) 32
La Propreté36
La tempérance 39
L’alcoolisme 42
Le Travail 46
Le Courage 50
Le Courage (suite) 54
Le Courage (suite) 57
La Maîtrise de soi 61
La Volonté 65
La Volonté (suite) 69
La Sincérité 73
La Modestie 77
TROISIÈME PARTIE. NOS DEVOIRS ENVERS L'HUMANITÉ ACTUELLE
Les Parents 82
Les Parents (suite) 86
Les Grands-Parents 89
Les Frères et les Sœurs 92
L'Ecole 95
La Patrie 99
La Patrie (suite) 102
Conscience professionnelle 105
Economie et Prévoyance 108
La Justice 1117
La Justice (suite) 115
La Bonté 118
La Bonté (suite) 122
La Solidarité 126
QUATRIÈME PARTIE. OUTRE L'HUMANITÉ.
Les Animaux 130
La Nature 134
CINQUIÈME PARTIE. RÉVISION ET CONCLUSION.
Le Goût de la Vie 138
Le But de la Vie 142

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