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L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes
Jean-Claude Michéa
• Climats
• Paru le : 03/03/2006
En
dépit des efforts de la propagande officielle, il est devenu difficile,
aujourd’hui, de continuer à dissimuler le déclin continu de
l’intelligence critique et du sens de la langue auquel ont conduit les
réformes scolaires imposées, depuis trente ans, par la classe dominante
et ses experts en « sciences de l’éducation ». Le grand public est
cependant tenté de voir dans ce déclin un simple échec des réformes
mises en œuvre. L’idée lui vient encore assez peu que la production de
ces effets est devenue progressivement la fonction première des réformes
et que celles-ci sont donc en passe d’atteindre leur objectif
véritable: la formation des individus qui, à un titre ou à un autre,
devront être engagés dans la grande guerre économique mondiale du XXIe
siècle. Cette hypothèse, que certains trouveront invraisemblable,
conduit à poser deux questions. Quelle étrange logique pousse les
sociétés modernes, à partir d’un certain seuil de leur développement, à
détruire les acquis les plus émancipateurs de la modernité elle-même ?
Quel mystérieux hasard à répétition fait que ce sont toujours les
révolutions culturelles accomplies par la Gauche qui permettent au
capitalisme moderne d’opérer ses plus grands bonds en avant ?
De l'école
Jean-Claude Milner (1e édition : 1984)
Réédition Verdier 2009
Si
on vous demandait de choisir un livre sur l'école à emporter sur une
île déserte ? Vous choisiriez sans doute de partir le cartable vide. Et
vous auriez tort. L'ouvrage de Jean-Claude Milner est la somme qu'il
faut avoir lue pour saisir les tenants et les aboutissants de la
querelle scolaire et l'origine idéologique des réformes en cours depuis
les années cinquante.
Si vous n'êtes ni professeur, ni étudiant,
ni parent d'élèves, ni grands-parents d'élèves, ce livre vous
passionnera tout de même. Avec une précision quasi chirurgicale,
l'auteur nous explique pourquoi on ne peut moderniser l'école. Et si les
hommes politiques, ayant tendance à prendre les élèves pour des
citoyens et à traiter les citoyens comme des élèves, avaient fini par
confondre éduquer et gouverner ? Et si leur rêve secret, de quelque bord
qu'ils soient, était de devenir un jour pédagogues ? Mais quelle mouche
les a piqués de vouloir changer l'école, après avoir renoncé à changer
la société ?
"Sait-on que l'école en France assure une fonction
décisive ? Par elle, la démocratie formelle a pu s'établir dans ce pays
où, pourtant, le protestantisme n'avait pas triomphé. Exemple longtemps
unique et paradoxe historique dont, encore aujourd'hui, on n'a pas
épuisé les effets. Affaiblir l'école, calomnier les savoirs, c'est
déséquilibrer une machine délicate, aussi délicate à vrai dire que peut
l'être toute liberté individuelle. Voilà pourtant ce à quoi se dévoue,
avec un acharnement inlassable et un aveuglement opiniâtre, une alliance
secrète et imbécile. " Ainsi m'exprimais-je en 1984, en présentant le
livre qui reparaît aujourd'hui. Un quart de siècle a passé et pourtant,
je n'ai rien modifié. C'était inutile. Après examen de ce qui a été dit
et fait en matière d'école et de savoirs, j'ai conclu que je n'avais été
démenti sur rien d'essentiel. Ou plutôt, j'avais été confirmé sur tout
l'essentiel." J.-C. M.
La destruction de l'enseignement élémentaire et ses penseurs
Liliane Lurçat
L'école et son double
Nathalie Bulle
Dyslexie, une vraie-fausse épidémie
Colette Ouzilou
Presses de la Renaissance 2001
Depuis
une vingtaine d'années surtout, l'orthophoniste se heurte à des
pratiques pédagogiques malencontreuses qu'il est amené à redresser. Le
lecteur trouve ici les conclusions d'une orthophoniste qui exerce depuis
près de trente ans dans des CMPP (centres mécico-psycho-pédagogiques)
et en cabinet libéral, et qui a travaillé avec plusieurs générations
d'enfants. Son expérience lui a permis de dégager des causes majeures
d'échec et de trouver des voies thérapeutiques efficaces qui s'imposent
dans la prévention de l'échec scolaire le plus banal et le plus grave,
celui de la lecture. L'auteur propose ici de suivre un parcours cohérent
et logique, une pédagogie avec des étapes rigoureuses, stables,
sécurisantes pour le maître comme pour l'élève, qui redonne à ce dernier
le goût de l'effort par la découverte active. Cet ouvrage pédagogique
propose un cheminement simple à l'apprentissage de la lecture et de
l'écriture. Il s'adresse à tous les parents et enseignants qui veulent
lutter contre l'échec scolaire dès les premières années de CP et qui
veulent réapprendre aux enfants à apprendre.
Colette Ouzilou est
orthophoniste depuis 1973. Elle a travaillé en cabinet libéral et dans
plusieurs centres médico-psycho-pédagogiques, notamment au centre
Bourgain (Issy-les-Moulineaux), en collaboration avec des médecins
psychiatres et psychanalystes, et à celui d'Athis-Mons sous la direction
du Dr Tony Lainé.
LA PÉDAGOGIE DU VIDE. Critique du discours pédagogique contemporain
Michel Le Du, Hervé Boillot
• PUF
• Paru le : 01/11/1993
Au
centre de nombreuses discussions, la pédagogie s’est vue attribuer des
significations très différentes, voire contradictoires. Surtout, le
terme a cessé peu à peu de désigner un ensemble de moyens au service
d’une tâche déterminée pour couvrir de proche en proche tout élément des
pratiques d’enseignement, au point même d’en infléchir les finalités.
Une des raisons de ce glissement, qui n’est pas sans risque pour
l’École, est que la psychologie apparaît depuis longtemps déjà comme le
cadre naturel de toute pédagogie possible. Pourtant, celle-ci n’en est
souvent que la réécriture éclectique. Ce livre examine également la
dérive techniciste de conceptions éducatives : celle-ci consiste en un
méthodologisme formel qui, sous couvert de rationaliser les pratiques,
les assimile à des procédures techniques extérieures à tout contenu. Les
enseignants se voient assigner un nouveau rôle : celui de pourvoir les
élèves d’un outillage de méthodes comprises elles-mêmes comme de simples
moyens d’adaptation. Cette injonction d’adaptation est le biais par
lequel la représentation des tâches d’enseignement et les valeurs qui
leur sont attachées se sont trouvées investies par les modèles issus de
la formation d’adultes. Dans cette perspective, les efforts récents pour
doter les maîtres d’une nouvelle identité professionnelle, celle
d’enseignant-formateur, apparaissent comme la traduction
institutionnelle mal engagée de ces conceptions.
Une école contre l’autre
Denis Kambouchner
• PUF
• Paru le : 19/09/2000
La
crise de l’école qui perdure en France n’est pas simplement de
structures, de moyens ou de société : c’est aussi une crise de doctrine.
Comme la persistance du conflit entre " pédagogues " et " républicains
". La faillite des réformes successives est liée à cette crise
intellectuelle, dont il est urgent de chercher à sortir. Que veut donc
dire aujourd’hui " enseigner " ? Que faut-il attendre des élèves ?
Quelle culture doit-on leur offrir ? Ces questions appellent une reprise
philosophique en vue de laquelle il sera utile de discuter les ouvrages
du principal représentant français de la réforme pédagogique, Philippe
Meirieu. Menée avec rigueur, cette discussion devrait dégager les
principes d’une rénovation enfin réfléchie.
L'École, question philosophique
Denis Kambouchner
(Paris : Fayard, 2013) Ce live fond en un volume toute une série
d'interventions publiées ou inédites de la dernière décennie, parfois
assez actuelles ─ on a par exemple une lecture critique détaillée du
Socle.
C'est du Kambouchner : une préoccupation
constante pour l'exactitude, un effort considérable de modération, et
une non négligeable subtilité. La lecture, du coup, se transforme
parfois quelque peu en travail, mais quoi de plus normal sur ce genre de
questions ?
On trouve en ligne ceci :
http://www.meirieu.com/POLEMIQUES/MEIRIEUKAMBOUCHNER.pdf
LA GESTION DES STOCKS LYCÉENS. Idéologies, pratiques scolaires et interdit de penser
Gilbert Molinier
• L’Harmattan
• Paru le : 01/09/1999
L’École
gère les flux d’élèves comme on gère des stocks de marchandises. Une
sorte d’impérialisme pédagogique, soutenue par une psychologie
animalière, tient lieu de clef universelle. L’enseignement est
déboulonné : l’animation remplace l’instruction, la pédagogie les
savoirs, les modules les disciplines, les contrôles les exercices les
évaluations de compétence, les examens ; les objectifs, les finalités de
l’enseignement... La logique des places structurant toute institution
est bousculée.
Des gestionnaires qui se prennent pour des chefs
d’entreprise experts en pédagogie, des syndicalistes pour des
gestionnaires, des parents pour des superprofs, des profs pour des
parents aimants et des élèves pour des enfants en mal d’amour... créent
une société incestueuse où règne la loi du poulailler. Ainsi, les jeunes
générations sont-elles déboussolées et prêtes à devenir la main-d’œuvre
flexible des entreprises à l’âge de la mondialisation et les soldats
des guerres à venir.
Cette gestion se solde par des dégâts
psychiques considérables. L’entreprise actuelle, dite de rénovation
pédagogique, détruit l’intelligence et l’imaginaire en gestation des
jeunes en produisant chez eux un interdit de penser. C’est ce dont
l’auteur, Gilbert Molinier, professeur de philosophie en classe
terminale, témoigne dans cet essai, réflexion critique conduite de
l’intérieur de l’Ecole à partir d’une expérience réelle.
Petit vocabulaire de la déroute scolaire
Daniel Tual-Loizeau, Guy Morel
• Ramsay
• Paru le : 01/09/2000
Vous
êtes professeur. Vous devez renoncer à noter pour évaluer. Ne soyez
plus un maître mais un médiateur. Voyez dans vos élèves des apprenants,
ne leur dispensez plus un cours, mettez-les en autodidaxie. Vous êtes
élève. Laissez tomber les connaissances au profit des compétences. Vous
êtes parent, vous vous sentez exclu, illettré, incapable d’expliquer à
votre enfant cette nouvelle langue. Pédagogie de contrat ou du détour,
transversalité, enseignement modulaire, référentiels, groupe de besoins,
tutorat : voilà un lexique qui ne vous fait pas rire ! Ce nouveau
jargon, obligeant profs et élèves à un bricolage permanent, a bouleversé
tous les repères et les pratiques pédagogiques. Pire, il semble qu’il a
suscité, au lieu de la démocratisation souhaitée, une régression
éducative généralisée. Et si ces excès conceptuels avaient pour seul
enjeu le contrôle des conduites enseignantes et du système scolaire dans
son entier ? Et pour premier résultat la déroute actuelle de
l’instruction publique ? Il ne s’agit pas ici seulement d’un exercice de
style drôle et talentueux. Un univers absurde, que l’on croirait
emprunté à Kafka, se dessine: voici l’école telle que nous l’ont
réinventée les réformateurs impénitents et les experts à leur service.
La leçon se dégage presque toute seule, évidente, criante, à entendre
absolument.
L’HORREUR PÉDAGOGIQUE. Paroles de profs et vérité des copies
Daniel Tual-Loizeau, Guy Morel
• Ramsay
• Paru le : 10/09/1999
Deux
professeurs s’insurgent : 80 % de reçus au baccalauréat, une duperie
organisée ! Le lycée et le collège, en dehors de quelques établissements
privilégiés, ne parviennent plus, affirment-ils, à transmettre les
savoirs fondamentaux. Et ils en produisent des preuves irréfutables :
les copies des élèves, sorties pour la première fois du « confessionnal
scolaire ». Ces copies, y compris celles du bac, des reçus comme des
recalés, sont consternantes. Langage défectueux, incohérent, voire
incompréhensible, absence de repères chronologiques et culturels,
défiguration des structures logiques, mémoire en friche... Comment en
est-on arrivé à un tel désastre ? Les auteurs, enfreignant les tabous
habituels, ont enquêté auprès de leurs collègues et des instances de
l’Education nationale. Service d’évaluation du Ministère, directives des
inspections, conception des programmes et des manuels scolaires,
fonctionnement de l’orientation et des conseils de classe, instructions
aux jurys d’examen sont ici vus de l’intérieur. L’institution met en
avant des analyses ou des remèdes qui paraissent autant de subterfuges
pour masquer une impuissance généralisée. Deux hommes de terrain, qui
veulent encore y croire, en appellent au bon sens. Oui, il est possible
d’enseigner au plus grand nombre. Mais à certaines conditions...
L’ogre pédagogique - Les coupeurs de tête de l’enseignement
Henri Gunsberg
• L’Harmattan
• Paru le : 25/05/2005
La
dégradation de l’enseignement s’explique par la mise en œuvre d’une
idéologie très particulière. Curieusement, celle-ci réunit de nombreux «
penseurs » de Droite comme de Gauche. Leur but ? L’identité la plus
grande possible entre les citoyens. Pour les uns, on créera des
consommateurs/producteurs parfaits ; pour les autres, l’égalité. À tout
prix, il faut éviter de transmettre la culture, qui crée des différences
entre les êtres humains. Tous pareils ! Tous ignares ! C’est là le
nouveau slogan, la nouvelle idéologie.
L’école désœuvrée. La nouvelle querelle scolaire
Jean-Baptiste Rauzy, Laurent Jaffro
• Flammarion
• Paru le : 01/09/2000
Depuis
les années soixante-dix, la politique scolaire tend à privilégier le
point de vue des experts en pédagogie. On néglige les savoirs
élémentaires, on se méfie des professeurs, on entend faire de l’école un
« lieu de vie », on dénonce le conservatisme des Anciens qui voudraient
barrer la route aux Modernes en défendant une école du passé. Et si
l’opposition entre conservatisme et modernisme n’était qu’une habile
façon de masquer les véritables enjeux de la politique scolaire ?
L’école a pour vocation de transmettre les savoirs et les œuvres. En
renonçant à cette exigence, l’idéologie qui a cours aujourd’hui
mesure-t-elle vraiment les risques qu’elle fait peser sur l’école de
demain ? Plutôt que d’encourager cette fuite en avant, une politique
d’éducation raisonnable doit retrouver les équilibres fondamentaux dont
l’école a besoin.
À l’école des compétences. De l’éducation à la fabrique de l’élève performant
Angélique del Rey
La Découverte, 2010
Professeur
de philosophie, l’auteur de ce livre a été confrontée comme nombre
d’enseignants à une forte incitation émanant de l’Éducation nationale :
celle d’évaluer systématiquement les « compétences acquises » par les
élèves, sur des critères préétablis. Frappée par l’utilitarisme de cette
méthode, elle a voulu en savoir plus sur son origine. À sa grande
surprise, elle a découvert l’omniprésence de l’« approche par
compétences » dans l’éducation : depuis les années 1980, celle-ci est de
plus en plus utilisée, dans les pays du Nord comme du Sud, de la
maternelle à l’université, pour l’évaluation personnelle des élèves
comme pour celle des systèmes éducatifs nationaux. Ce qui l’a amenée à
explorer un univers méconnu : celui du « marché des compétences », fondé
sur la théorie du « capital humain », promue par des institutions
internationales comme l’OCDE et l’Unesco.
Ce livre restitue l’enquête
conduisant à ces découvertes, la prolongeant par un double
questionnement. Si l’approche par « compétences » progresse dans les
systèmes éducatifs grâce à l’ignorance de ce qu’elle recouvre, les
enseignants n’en sont-ils pas les instruments inconscients ? Mais
comment s’opposer à une approche qui se place au service de l’individu
et de son « employabilité », même si c’est ainsi qu’elle opère la
transformation de l’Éducation nationale en « fabrique de ressources
humaines » ? S’appuyant sur l’analyse de pratiques concrètes
d’enseignement, Angélique del Rey explore les voies d’une « autre école »
qui, plutôt que d’armer les élèves pour une « vie moderne »
standardisée, assume les défis de la situation.
Elle plaide pour
qu’enseignants et parents encouragent, par leur éducation, les jeunes à «
suivre leur chemin », quitte à les mettre en conflit avec les principes
utilitaristes qui prévalent. C’est le prix pour que ceux-ci sachent
demain s’épanouir dans le monde et le transformer.
L'enseignement mis à mort
Adrien Barrot
J'ai lu
2000
"On
n'a pas idée de ce que peut être aujourd'hui la sidérante solitude des
professeurs. Cette solitude n'a rien à voir avec celle qu'il appartient à
l'institution de leur ménager et de leur garantir dans la pratique même
de leur enseignement, afin d'en soutenir l'indépendance. Non, il s'agit
là d'une chose d'un tout autre ordre, d'un abandon dont les professeurs
eux-mêmes n'osent pas sonder les abîmes. " Pourquoi l'enseignement
est-il aujourd'hui privé de sa substance ? Pourquoi serait-il interdit
de transmettre des connaissances ? Pourquoi est-il tout simplement
devenu impossible de conduire ceux qui sont sur les bancs de l'école à
penser par eux-mêmes ? Telles sont les questions que pose, avec
perplexité, avec lucidité, avec amertume, Adrien Barrot. Ce plaidoyer,
écrit dans l'urgence, dit le quotidien d'un métier bafoué et, surtout,
appelle à un sursaut immédiat : parce qu'il faut que l'école existe, que
les professeurs puissent redevenir des professeurs, et les élèves des
élèves.
Vers une école totalitaire (1998)
Liliane Lurçat
Blog de Jean-Rémi Girard
Blog de Jean-Paul Brighelli
Blog de Pedro Cordoba
"Je
trouve ce dernier particulièrement intéressant : il permet de ne plus se
laisser intimider par les arguments d'autorité des experts de l'EN." (Schéhérazade)
Blog de Catherine Kintzler
Illilois Loop
Un excellent site américain qui dénonce les pédagoleries yankees (et
elles sont nombreuses) qui ont été tout bonnement copiées-collées par
les granpédagogues français :
http://www.illinoisloop.org/
Grosse bibliographie.
Ed excellence
Un institut qui analyse les réformes américaines :
Core Knowledge (E. D. Hirsch Jr)
E. D. Hirsch Jr, homme de gauche qui rejette la prétendue pédagogie progressiste, voir ses ouvrages
The Knowledge deficit (2006)
The Schools We Need And Why We Don't Have Them
et le site de son projet la Core Knowledge Foundation :
http://www.coreknowledge.org/
The Schools We Need: And Why We Don’t Have Them
E.D. Hirsch Jr.
Now in paperback with a new introduction, The Schools We Need
offers a powerful, compelling, and unassailable argument for reforming
America’s schooling methods and ideas--by one of America’s most
important educators, and author of the bestselling Cultural Literacy.
For
over fifty years, American schools have operated under the assumption
that challenging children academically is unnatural for them, that
teachers do not need to know the subjects they teach, that the learning
"process" should be emphasized over the facts taught. All of this is
tragically wrong.
Renowned educator and author E. D. Hirsch, Jr.,
argues that, by disdaining content-based curricula while favoring
abstract–and discredited–theories of how a child learns, the ideas
uniformly taught by our schools have done terrible harm to America’s
students. Instead of preparing our children for the highly competitive,
information-based economy in which we now live, our schools’ practices
have severely curtailed their ability, and desire, to learn.
With an introduction that surveys developments in education since the hardcover edition was published, The Schools We Need
is a passionate and thoughtful book that will appeal to the millions of
people who can’t understand why America’s schools aren’t educating our
children.
The Knowledge Deficit
E. D. Hirsch (Professor of English)
E. D. Hirsch, Jr., author of the best-selling Cultural Literacy
and our most insightful thinker on what schools teach, offers an urgent
solution to the shocking national decline in children’s reading
ability.
How can it be, Hirsch asks, that American students score so
low among developed nations in international comparisons -- and that
they perform worse the longer they stay in school?
Drawing on
arresting classroom scenes, the history of ideas, and current
understanding of the patterns of intellectual growth, Hirsch builds the
powerful case that, while our schools excel at teaching the mechanics of
reading, they fail virtually all American children -- poor and middle
class, in public and private schools -- because of their inability to
convey the more complex and essential skills of reading comprehension.
Hirsch brilliantly reasons that literacy depends less on the formalistic
reading "skills" taught in virtually every school across America and
more on exposure to content-rich, appealing books.
His argument
is compelling, for it - gives parents specific tools for enhancing their
child’s ability to read with comprehension; - shows how No Child Left
Behind and SATs measure reading comprehension -- a knowledge-based skill
not successfully taught in our schools; - tackles the weaknesses of
specific state-by-state curricula - explains in detail how American
schools can serve as the strongest possible antidote to poverty and to
our frustrating race-based achievement gap.
A road map for all thinking parents, teachers, and citizens, The Knowledge Deficit
shows exactly how we can convert all American schools into places where
the skill of reading comprehension is effectively imparted -- and why
this goal is ever more essential to the democratic ideal.
The Academic Achievement Challenge: What Really Works in the Classroom
(Le défi de la réussite scolaire : ce qui marche vraiment dans la classe), Jeanne S. Chall.
Ce
livre aborde une des questions centrales de l’enseignement : la
meilleure façon d’instruire nos élèves. Écrit par la regrettée Jeanne S.
Chall, professeur de sciences de l’éducation à l’Université Harvard et
figure de proue de l’enseignement américain, le livre critique et
évalue les nombreuses réformes et innovations pédagogiques qui ont été
proposées et utilisées au cours du siècle dernier. Analysant
systématiquement un vaste corpus de recherche qualitative et
quantitative, Chall compare les taux de réussite qui en résultent, les
approches centrées sur l’enseignant traditionnelles avec les résultats
de méthodes progressistes centrées sur l’élève. Ses conclusions sont
frappantes et claires : les approches centrées sur l’enseignant se
traduisent par un rendement plus élevé dans l’ensemble, avec des
bénéfices particuliers pour les enfants de statut socio-économique plus
faible et pour ceux qui ont des difficultés d’apprentissage. Offrant des
recommandations convaincantes pour la pratique, le livre forme un
dossier solide pour fonder sur une base empirique ferme de futures
réformes et innovations pédagogiques.
Jeanne Chall
Enseignante, chercheur, et
écrivain de premier ordre dans le domaine de la lecture, Jeanne
Chall a émis des opinions sur l’importance d’un enseignement
systématique de la lecture directe, qui ont été méprisées dans
les années 1980, mais justifiées à la fin des années 1990. Elle
s’est profondément engagée comme enseignante : sur
l’importance de faire réussir la lecture des enfants, et la
nécessité de traiter les lecteurs défaillants ; à montrer
la puissance de la recherche pour répondre aux questions pratiques ;
à montrer le mérite de comprendre le contexte historique des
questions de recherche.
Née en Pologne, elle a
émigré petite fille à New-York avec sa famille. Elle a obtenu son
baccalauréat à l’Université de New-York en 1941 avec les
félicitations. Elle devient l’assistante de Irving Lorge, qui
dirigeait la recherche en éducation au Teachers College, Columbia
University. Elle a été ensuite l’assistante d’Edgar Dale au
Bureau de Recherche en Education de l’Université d’Etat de
l’Ohio, où elle a reçu un AM (Award of Merit) en 1947, et un
doctorat en 1952. Son travail pour Dale sur la recherche existant au
sujet de l’aptitude à lire la conduisit à ses propres travaux :
« Une Evaluation de la Recherche et de
l’Application » (1958), où elle
montre une pénétrante appréciation de la valeur de la synthèse
historique.
La collaboration de Dale
et Chall a culminé dans leur Formule Dale-Chall pour la Prédiction
de l’Aptitude à Lire (Predicting Readability) , en 1948, qui
combine la complexité du vocabulaire avec la longueur de la phrase
pour évaluer l’aptitude à lire un texte. (Mise à jour de Chall
en 1995).
Entre 1950 et 1965, Chall
est passée de maître de conférences à professeur au City College.
Pendant ces années, elle entretint une collaboration permanente avec
Florence Roswell sur le diagnostic et le traitement des difficultés
en lecture, ce qui la conduisit à se demander si certaines méthodes
étaient supérieures à d’autres dans la prévention de l’échec
en lecture.
En 1965, Chall déménagea
à l’Université de Harvard pour créer et diriger des programmes
d’études supérieures sur la lecture pour les candidats à la
maîtrise et au doctorat. Elle-même excellente clinicienne, elle a
fondé le Laboratoire de Lecture de Harvard en 1967 (qui a reçu son
nom depuis), le dirigeant jusqu’à sa retraite en 1991. Elle a été
membre de nombreuses sociétés savantes, comités de rédaction,
comités d’élaboration des politiques, et des commissions de
l’Etat et de commissions nationales. Elle a siégé au conseil
d’administration de l’Association Internationale Pour La Lecture
de 1961 à 1964, et à l’Académie Nationale de la Commission de
l’Education pour la Lecture, ce qui a entraîné le rapport
« Devenir une nation de Lecteurs ». Elle a reçu de
nombreuses récompenses professionnelles, la dernière lui ayant été
attribuée par l’International Dyslexia Association en 1996.
Chall s’est investie
dans la pratique et dans la recherche, souvent les deux en même
temps. Pendant plus de cinquante ans, elle a enseigné à des
étudiants de tous âges, y compris ceux qui étaient en remédiation,
et elle a été conseillère dans les écoles. Elle a été
consultante pour les Encyclopédies pour enfants, pour un livre
éducatif comique, des logitiels éducatifs, la télévision
éducative, y compris les programmes d’alphabétisation des
enfants : Sesame Street, La Compagnie d’Electricité, et Entre
Les Lions.
La plus importante
contribution professionnelle de Chall a été initiée par la fureur
professionnelle de Rudolf Flesch dans son livre : « Pourquoi
John ne peut pas lire, et ce que vous pouvez faire pour y remédier »
(1955). Flesch y attaque la méthodologie qui prévaut de
l’enseignement de la lecture visuelle, affirmant que les
professionnels de la lecture avaient ignoré leurs propres
recherches. Comme l’enseignement de la lecture à son début était
à l’ordre du jour sur le plan national, la Carnegie Corporation a
financé une étude que Chall a menée de 1962 à 1965. Elle passe en
revue les recherches en cours, décrit les méthodes d’enseignement,
a interviewé les principaux promoteurs de diverses méthodes, a
analysé deux séries principales de lecture de la fin des années
1950 et du début des années 1960. Les résultats ont été publiés
dans son Apprentissage de la Lecture, Le Grand
Débat (1967).
Chall a identifié ce
qu’elle appelle « la sagesse conventionnelle » de
l’enseignement de la lecture : les enfants doivent donner du
sens à ce qu’ils lisent dès le début, utiliser des indices pris
dans le contexte ou l’image pour identifier les mots après avoir
appris une cinquantaine de mots visuellement, enfin induire les
correspondances lettre-son à partir de ces mots. Comme Flesch, elle
a conclu que cette « sagesse conventionnelle » n’avait
pas été soutenue par la recherche, qui avait trouvé l’enseignement
phonétique supérieur à celui du mot entier, et la phonétique
systématique supérieure à l’enseignement phonétique
« intrinsèque »,(donc déductif ) Elle a également
constaté que la lecture du débutant est de nature différente de
celle du lecteur confirmé – conclusion qu’elle a réaffirmée
dans « Etapes du Développement de la
Lecture » (1983) : les enfants
apprennent d’abord à lire, puis lisent pour apprendre. Elle a
recommandé en 1967 que les éditeurs mettent l’accent sur le code
dans les livres de lecture pour enfants, ce qui conduirait à de
meilleurs résultats sans compromettre leur compréhension.
« L’Apprentissage
de la Lecture » de Chall est rapidement
devenu un classique. Les grands éditeurs de livres scolaires ont
réagi en mettant l’accent plus tôt sur la phonétique dans leurs
séries, même si aucun éditeur déjà engagé dans l’enseignement
du mot entier ne passa à la phonétique systématique. Le livre de
Chall a été mis à jour en 1983 (et 1996), avec des résultats de
recherche encore plus solides pour étayer ses conclusions, mais aux
environs de 1983, des manuels de toutes sortes furent attaqués par
les partisans du mouvement « Whole Language » (langage
seul),qui a condamné les manuels comme un « genre ».
L’étude de Chall et de
ses co-auteurs de « Shood Textbooks
Challenge Students (
les manuels seraient-ils un défi pour les étudiants ?) :
La Condition pour des Manuels Plus Faciles ou Plus
Difficiles » (1991) a rencontré
une forte opposition .
Cette étude explorait la relation entre la baisse de la difficulté
des manuels scolaires entre 1945 et 1975 et la baisse des scores SAT.
L’étude de Chall avec
des co-auteurs sur trente enfants défavorisés en milieu urbain :
« La Crise de la Lecture, Pourquoi Les
Enfants Pauvres Sont En Retard », ne
fut pas non plus universellement bien accueillie. Les promoteurs du
Whole Language l’accusèrent de s’appuyer sur des tests
obsolètes ; les sciences sociales se plaignirent de ce qu’elle
n’avait pas expliqué de manière adéquate ses techniques
ethnographiques.
Chall a montré son
respect pour l’enseignement de la lecture tel qu’il était
autrefois en rééditant, en grande partie à l’intention de
l’enseignement à domicile, des récits de livres scolaires des
années 1880 à 2010, les titrant « Les
Livres Scolaires Classiques Américains » (1994).
Elle avait déjà donné sa propre collection de plus de 9.500
documents liés à la recherche sur la lecture et son enseignement,
s’étendant sur plus de deux siècles, à la Bibliothèque de
l’éducation Harvard Graduate School of Monroe C.Gutman.
La dernière œuvre de
Chall, publiée à titre posthume, est « Le
Défi Académique : Ce Qui Marche Réellement Dans La Salle De
Classe » (2000). Dans ce document, elle
fait la distinction entre les approches de « l’enfant au
centre », et « l’enseignant au centre » de
l’enseignement américain, suggérant que le XX ème siècle a été
dominé par l’ancien (« approche de découverte »), en
dépit de la recherche qui a soutenu la supériorité du plus récent
(« enseignement explicite »). Auparavant, Helen Popp
l’avait persuadée de collaborer à un manuel sur l’enseignement
explicite pour les enseignants : « Enseignement
et Evaluation Phonétiques » (1996). Le
programme Phonétique Chall-Popp a été achevé après sa mort
(2000).
Ecrit dans un climat où
de nombreux membres de sa propre profession continuaient à dédaigner
les explications sur le système d’écriture anglais, le manuel de
1996 reste valable en ce qui concerne le cœur d’ un grand nombre
de ses préocupations : l’apprentissage de la lecture,
particulièrement en ce qui concerne les enfants à risque, et un
enseignement explicite validé par la recherche.
La nouvelle école capitaliste
Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément
La Découverte (10 août 2011)
Ce
qui ressemble aujourd’hui à un sabotage de l’école - suppressions de
classes, réduction des effectifs enseignants et appauvrissement de la
condition enseignante - ne suffit pas à caractériser la mutation
historique de l’école. Celle-ci ne joue plus seulement une fonction dans
le capitalisme, comme l’ont montré les analyses critiques des années
1970, elle se plie de l’intérieur à la norme sociale du capitalisme. L’"
employabilité " est le principe et l’objectif de la normalisation de
l’école, de son organisation et de sa pédagogie. L’école devient peu à
peu un système hiérarchisé d’entreprises productrices de " capital
humain " au service de l’" économie de la connaissance". Elle cherche
moins à transmettre une culture et des savoirs qui valent pour eux-mêmes
qu’elle ne tente de fabriquer des individus aptes à s’incorporer dans
la machine économique. Les effets inégalitaires de la concurrence, la
mutilation culturelle introduite par la logique des " compétences " ou
la prolétarisation croissante du monde enseignant révèlent la perte
d’autonomie de l’école par rapport au nouveau capitalisme et aux luttes
des classes sociales autour de l’enjeu scolaire. Dans ce livre de combat
et de théorie, les auteurs renouvellent la sociologie critique de
l’éducation en inscrivant les mutations de l’institution scolaire et
universitaire dans celles du capitalisme contemporain. Ils entendent
ainsi donner à tous ceux qui se sentent concernés par cette
problématique éminemment politique les outils d’analyse pour construire
une alternative convaincante et résolue.
Biographie de l’auteur
Christian Laval, Francis Vergne. Pierre Clément et Guy Dreux sont
enseignants et chercheurs. Ils sont membres de l’lnslitut de recherches
de la FSU où ils animent un séminaire public sur " Les politiques
néolibérales et l’action syndicale ". Ils ont publié plusieurs ouvrages
sur les questions d’éducation.
L’école n’est pas une entreprise : Le néo-libéralisme à l’assaut de l’enseignement public
Christian Laval
La Découverte (août 2004)
L’école
est soumise à des pressions considérables pour qu’elle se conforme aux
nouveaux commandements du néo-libéralisme. La compétition économique
mondiale devient l’impératif majeur auquel toute institution doit se
soumettre, et le système éducatif n’y échappe pas : dans ce nouveau
modèle, il est menacé de se réduire à la formation du " capital humain "
nécessaire aux entreprises.
En s’appuyant sur une enquête
approfondie, Christian Laval montre comment les " recommandations " des
experts de l’OCDE, de la Banque mondiale, de l’OMC et de l’Union
européenne ont été appliquées par les différents gouvernements français
depuis vingt ans. Elles se sont traduites par une réorganisation
managériale des établissements scolaires mis en concurrence entre eux
pour assurer la liberté de choix des " consommateurs d’école ", par une "
professionnalisation " toujours plus poussée des études, par une
décentralisation qui n’a rien à voir avec la démocratie promise. Les
enseignants sont sommés de participer activement à cette métamorphose de
l’école publique, qui ouvre la voie à une marchandisation générale des
savoirs et des apprentissages et à un renforcement des inégalités.
Mais
la réalisation intégrale de l’école néo-libérale n’a rien de fatal,
affirme Christian Laval. Résistances sourdes, luttes collectives, prise
de conscience des dangers de cette mutation imposée par la globalisation
du capitalisme : les acteurs de l’école doivent désormais affronter un
débat crucial qui engage aussi le modèle de civilisation que nous
voulons. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non
disponible de ce titre.
Une sociologie d’État : L’École et ses experts en France
Franck Poupeau
Raisons d’agir (2003)
En
quoi les discours tenus sur l’Ecole contribuent-ils à faire l’Ecole ?
Pourquoi les gouvernements successifs ont-ils peu à peu, depuis les
années 1980, instrumentalisé les chercheurs et mis les experts à leur
service ? Telles sont les questions auxquelles Franck Poupeau,
enseignant-chercheur en sciences sociales, entend répondre en proposant
une histoire sociale de la sociologie de l’éducation. Il s’agit alors de
comprendre comment les mots peuvent devenir des choses, c’est-à-dire
comment les recherches, les publications spécialisées, les enquêtes, les
chiffres et autres expertises produisent l’École, et changent les
pratiques de tous ceux qui s’y trouvent engagés.
Au cœur de ces
analyses, on verra comment la sociologie de l’éducation est devenue une «
science » au service de l’État, et en particulier des demandes
ministérielles. Sous couvert d’évaluation du système d’enseignement,
rendu seul responsable de l’échec scolaire, l’expertise sociologique
tend à n’aborder les inégalités observées à l’École que sous l’angle des
facteurs jouant au niveau des établissements. La mise en œuvre d’une
sociologie de l’éducation plus autonome à l’égard des demandes de l’État
serait une des conditions de possibilité d’une École plus libre, moins
asservie aux conceptions managériales de l’organisation scolaire, dont
la pensée d’État s’est paradoxalement fait le vecteur.
La trilogie des Charançons
La trilogie pleine d’humour de Corinne Bouchard
Agrégée, Corinne
Bouchard est professeur de Lettres modernes, « de français comme on dit »
en exercice depuis une vingtaine d'années dans divers lycées. Elle
écrit des romans policiers avec Pierre Mezinski sous le pseudonyme de
Marie et Joseph.
La vie des charançons est assez monotone
Syros jeunesse, 1992
Si
vous vous demandez pourquoi, après quelques années de carrière, les
professeurs de lycée développent certaines ressemblances avec les
charançons, cet ouvrage devrait vous intéresser. Corinne Bouchard est
enseignante depuis quinze ans... Le temps de perdre quelques illusions
mais pas le sourire. Convaincue que l’on peut parler avec humour des
choses importantes, elle évoque ici tout ce qui rythme la vie du lycée :
rentrée scolaire, salle des profs, visite de l’inspecteur... Un tableau
hilarant et implacablement vrai.
La vie des charançons deviendra poétique
Calmann-Lévy 1994
Si
la « rénovation de l’enseignement secondaire » vous intrigue, si vous
vous interrogez sur les concepts pédagogiques nouveaux qu’on essaie
d’introduire dans les lycées, si vous vous demandez comment il faut s’y
prendre pour faire, d’un professeur enthousiaste, un charançon
grouillant obscurément sans se poser de questions, alors cet ouvrage
devrait vous intéresser. On y voit le fantôme de Jules Ferry
entreprendre une enquête pour vérifier si les principes fondateurs de
l’école publique sont toujours en vigueur dans les lycées étudiant la
valse des instructions officielles, le jargon des didacticiens, «
l’évaluation nationale » obligatoire en seconde, le malheureux spectre
ne cesse de découvrir les absurdités d’un système qui semble consacrer
toute son énergie à s’organiser lui-même ; il lui faudra rencontrer un
professeur pour apprendre pourquoi tout ne va pas si mal dans l’univers
scolaire, et en quoi la vie des charançons deviendra poétique... Ce
second essai de Corinne Bouchard allie à la virulence du pamphlet
l’humour caustique qui avait fait le succès de
La Vie des charançons est assez monotone.
Scènes de la vie charençonne
Calmann-Lévy 2003
«
Je me l’étais pourtant bien juré. Plus jamais les questions
pédagogiques. Que faire d’un sujet pareil ? Comme si, professeur, et
depuis près de vingt ans exerçant ce beau métier, je ne savais pas que
c’est une cause désespérée, que dans ce domaine rien ne sert à rien. Que
si pertinente soit l’argumentation, si humbles les suppliques, rien n’y
fera. On a affaire à un rouleau compresseur. Ça discute pas, un rouleau
compresseur, ça passe. Le rouleau compresseur, c’est le courant de
réformes qu’on a subies dans l’Éducation nationale une décennie durant,
et dont chacun peut apprécier autour de lui le résultat : si quelqu’un
trouve globalement la jeunesse mieux élevée, mieux instruite, plus
citoyenne et plus honnête qu’auparavant, qu’il le fasse savoir, cette
époque a besoin d’optimisme.
Précisons tout de suite un point
important : je n’en ai pas après le monde, qui est ingouvernable ; je
n’en ai pas après les « jeunes », ni en général ni en tant qu’élèves.
J’en ai après le délire pédagogique organisé, après tout ce qui ajoute à
la dureté des temps l’épouvantable fardeau de la sottise et de
l’absurdité. » C.B.
Sauver les lettres : Des professeurs accusent
Sauver les lettres, le collectif
Entretien avec Philippe Petit
Éditions Textuel, 2001
Le collectif, composé de jeunes professeurs du secondaire qui se
battent tous les jours sur le terrain, refuse des réformes qui font
disparaître le développement d’une bonne partie des facultés de
réflexion, ainsi que l’étude des lettres comme discipline à part
entière. Il combat un projet plus global d’affaiblissement des exigences
dans de nombreuses disciplines.
Trente ans de réformes ont
fait qu’une dictée du nouveau brevet des collèges ne fait plus que 60
mots et relève d’un niveau de CM2, tandis que la dissertation du
baccalauréat est à court terme menacée d’être remplacée par une
rédaction.
Quant à l’école primaire (condamnée depuis des
décennies à être le champ d’expérimentation des prétendues " sciences de
l’éducation " qui ont contribué à la démolition de l’apprentissage de
la lecture et de l’écriture) elle ne transmet plus les fondamentaux.
Il faut arrêter ce massacre programmé !
Dénonçant les sophismes et les tartuferies des discours
réformateurs, véhicules d’une idéologie bien-pensante et consumériste
-qui n’a fait qu’accroître dans les faits les inégalités scolaires-ces
professeurs, tenants d’une école vraiment démocratique, défendent l’idée
devenue révolutionnaire que le plaisir de l’élève ne consiste pas dans
ces divertissements qu’on lui brade mais dans l’acquisition d’une
langue, d’une culture et de vraies méthodes de réflexion.
Contre-expertise d’une trahison : La réforme du français au lycée
Agnès Joste, membre du collectif "Sauver les lettres"
Préface d’Henri Mitterand
Éditions Mille et une nuits, 2002.
Promulguée en septembre 1999, la réforme de l’enseignement du français au lycée a déjà connu quatre remaniements.
Hésitations,
errements, incohérences théoriques, méthodologie douteuse, et avant
tout un superbe mépris du travail de concertation avec les enseignants,
auront présidé à cette manière, pour le moins surprenante de la part
d’un groupe « d’experts », de procéder à l’accouchement de la réforme...
Qu’en
est-il donc de ces programmes ? Une fois dépassé l’obstacle du jargon
linguistico-pédagogique, on ne reconnaît plus grand-chose de la
discipline - que l’on soit professeur ou parent d’élève, ayant encore en
mémoire les cours du lycée. Disparue la notion d’auteur, disparue
l’histoire littéraire, disparue l’analyse des œuvres pour en dégager le
sens...
Agnès Joste, professeur de lettres, s’est livrée à une
lecture méticuleuse et édifiante des textes du ministère; où l’on
découvre que la conception de la littérature qui y est véhiculée est une
conception techniciste, qui vise avant tout à inculquer aux élèves, non
pas une liberté d’esprit, mais des techniques communicationnelles et
consensuelles; que le dénigrement de l’étude de la littérature va de
pair avec un mépris des professeurs et de leur désir de transmission des
savoirs.
Les programmes scolaires au piquet
Un collectif d’enseignants en colère
Éditions Textuel. 2006.
Ce
livre, pour la première fois, passe au crible les programmes scolaires
officiels, c’est-à-dire les textes de référence qui, communiqués aux
enseignants, recensent les méthodes et les contenus de savoir que
devront maîtriser nos enfants à la fin de chaque cycle d’étude. À la
façon d’un véritable guide, cet ouvrage, section par section, discipline
par discipline, se livre à une exégèse rigoureuse et décapante pour
nous révéler, par la comparaison avec les programmes antérieurs, combien
les savoirs et savoir-faire sont revus à la baisse, rédigés en dépit du
bon sens, souvent de manière contradictoire et dans un style qu’un
examinateur indulgent qualifierait au minimum de filandreux. Pour quel
bilan? Des élèves moins structurés, maîtrisant mal la langue,
difficilement capables d’atteindre une réelle autonomie. Il y a quatre
ans. Textuel publiait un essai intitulé Sauver les lettres du nom d’un
collectif d’enseignants que désespéraient les nouvelles méthodes
d’enseignement du français. Cette initiative a fait des émules qui se
regroupent. Ce livre est le fruit de cette mobilisation salutaire.
Vos enfants ne m'intéressent plus
Maschino
Voulez-vous vraiment des enfants idiots?
Maschino
Deux romans où la critique de l’Édcunat’ est faite avec humour.
Festins secrets
Pierre Jourde
L’Esprit des Péninsules (25 août 2005)
Prix Renaudot des Lycéens 2005
Par
cette fin d’après-midi d’un début de siècle, tout semble en ordre à
bord du direct Paris-Logres : sur une banquette de moleskine aussi
orange que possible somnole un jeune professeur aussi progressiste que
souhaitable, en route vers son premier poste dans « une obscure
sous-préfecture d’un département de forêts et de mines désaffectées. »
Parvenu à destination, Gilles Saurat se retrouve en plein « cauchemar du
mammouth ». Ou comment enseigner les subtilités de la langue et de la
littérature françaises à de jeunes brutes tout juste capables d’aligner
une cinquantaine de borborygmes. Avec pour seule aide des circulaires de
l’Education nationale rédigées dans un esprit que n’auraient pas renié
Franz Kafka et le Père Ubu associés. Entre deux mauvais rêves,
d’étranges dîners de têtes réunissent des notables adonnés aux ragots, à
l’extrémisme politique et aux sciences occultes qui s’efforcent
d’initier l’enseignant novice à des plaisirs défendus. La petite ville
où Pierre Jourde a dressé son chapiteau est un condensé effrayant et
dérisoire des sociétés contemporaines. Aux limites du réalisme et du
fantastique, Festins secrets se livre à un décorticage de la
sexualité moderne, à une satire cruelle du Léviathan éducatif et du
monstre médiatique. Bienvenue à Logres. Bienvenue dans votre monde.
Né
à Créteil en 1955, Pierre Jourde enseigne la littérature à Valence
(université de Grenoble III). Il a notamment publié à L’Esprit des
Péninsules : Pays perdu (Prix Générations du roman), La Littérature sans estomac (Prix de la Critique de l’Académie française).
La réunion de rentrée vue par Pierre Jourde :
Castans interprète
son discours. C’est son grand air, son morceau de bravoure. Le même,
paraît-il, à chaque rentrée, compte tenu des légères modifications
apportées par la succession annuelle des réformes. Musse, quant à lui,
reste imperturbable. Pas un trait de son visage ne se déplace tandis que
le ténor gesticule et transpire.
«... Un nouvel AE est affecté
cette année au CDI. Il s’agit de Mme Ledru. Bienvenue mademoiselle. Par
ailleurs, une nouveauté doit figurer à l’ordre du jour du prochain CE :
l’aménagement d’un lieu de vie pour les élèves. C’est une mesure que
réclament depuis longtemps la FFPEP et l’UPE. Reste à trouver le local
convenable. Vous le savez, la réforme initiée l’année dernière par le
ministre a été finalisée. Elle entre cette année dans sa phase de mise
en œuvre. Cela impliquera un plus grand investissement de la part de
tous les acteurs de la communauté éducative. Les ACE ont travaillé
jusqu’au début du mois d’août pour réfléchir aux modalités d’application
de ce projet qui doit permettre un suivi supérieur et une réussite
accrue des Apprenants. À court terme, l’objectif fixé par le ministre
est de 90 % de réussite au TFEG. L’école ne doit pas être une machine à
exclure. L’échec scolaire est pour l’essentiel le résultat de méthodes
éducatives non adaptées aux possibilités et aux savoirs de l’Apprenant. À
nous de savoir travailler ensemble, de créer des interfaces, de
mobiliser les énergies pour finaliser ce programme. La démocratisation
de l’enseignement en dépend. Compte tenu de l’ambition de la réforme,
qui se substitue à la réforme Maudrut et à la réforme Langman, le
Ministère a chargé les ACE d’en résumer les grandes lignes le jour de la
rentrée, pour compléter les initiatives d’information qui ont été
prises l’an dernier. La philosophie de la réforme peut se condenser en
une formule simple : l’Apprenant au centre du Système.
La bataille de
la réforme sera gagnée lorsque les GIF sauront être à l’écoute des
Apprenants. Ils ont beaucoup à nous apprendre. Ils doivent devenir des
acteurs à part entière de leur formation, gérer leur Parcours Éducatif,
élaborer leur Projet d’Apprentissage Personnalisé. On en aura alors
terminé avec l’entassement de savoirs coupés de la vie réelle. Il ne
s’agit plus, pour l’enseignant, de se crisper sur des contenus. Il faut
oser l’ouverture, oser la liberté... »
Au bout d’un moment, tu ne
parviens plus à écouter. Tu tentes de garder un air concerné.
Zablanski, lui, s’en fout ostensiblement. Autour de vous, on prend des
notes. La voix de stentor résonne entre les murs fatigués, accompagnée
par le pizzicato obsédant de la pluie.
« Voici les nouvelles
mesures qui vont se mettre en place dès cette rentrée : Évaluation
Trimestrielle du GIF par l’Apprenant. Ces ETCIFA se substituent aux EAEA
(Évaluations Annuelles de l’Enseignant par l’Apprenant), instituées
dans la réforme précédente. Cette fois, le Ministère requiert une
effectuation des ETCIFA dès la fin du mois de novembre. Les fiches
d’évaluation doivent être transmises au Rectorat début décembre. Dans le
cas où un GIF connaîtrait des problèmes d’évaluation, il revient à
l’ACE principal, c’est-à-dire à moi, de saisir une Commission Paritaire
de Soutien et de Conseil. La CPSC se compose de représentants des
Apprenants, des Parents, des GIF et des ACE. Le GIF en situation de
sous-évaluation se verra proposer des stages intensifs de recyclage en
ISFP au cours desquels il apprendra à mieux questionner sa pratique
didactique.
L’un des points essentiels de la nouvelle réforme
concerne les évaluations de l’Apprenant. Il s’agit de rompre avec les
vieilles épreuves élitistes et traumatisantes. Désormais, l’évaluation
reposera sur trois critères : une note trimestrielle, un dossier annuel
constitué par un groupe de trois à quatre élèves sur un sujet de leur
choix. Il importe d’ouvrir l’école à toutes les formes de culture, sans
exclusion, à toute la richesse du monde contemporain : il peut s’agir,
d’après les suggestions du ministère, d’un dossier sur le Rap, ou sur
l’art du tag, ou encore d’une enquête sur les magazines pour la
jeunesse. Enfin, à chaque trimestre, le GIF fera remplir un QCM à ses
Apprenants. Sur cette dernière épreuve, je vous renvoie aux trois
volumes du Précis d’Evaluation Pédagogique, disponible au GDI. Toute
note inférieure à cinq sur vingt devra faire l’objet d’un rapport
circonstancié, transmis à l’Inspection Générale et à la CPSC. Après
examen, la CPSC pourra suggérer une réévaluation de la note. Enfin,
toute sanction devra également faire l’objet d’un rapport, qui sera
remis le jour même des faits à l’ACE principal. Je vous rappelle que
dans les cas très graves, le recours à la commission de discipline a lui
aussi été modifié. Désormais, et pour que l’école ne soit plus le lieu
d’une justice d’exception, mais se conforme aux règles de la justice
démocratique, l’Apprenant mis en examen, après enquête, sera défendu
devant la commission de discipline par deux avocats : un délégué des
Apprenants et l’assistante sociale du collège. Il aura toujours la
possibilité de faire appel. Au terme de cet appel, il encourt un blâme.
Au bout de trois blâmes, il peut, selon la gravité des faits, être placé
une semaine dans la Classe d’Aide et de Soutien prévue dans chaque
établissement, puis réintégré dans sa classe habituelle. En tout état de
cause, le ministère souhaite que ces procédures restent
exceptionnelles. Il incombe avant tout au GIF, par la négociation, la
compréhension et la parole, de régler les éventuels conflits. Il est
prévu de réunir chaque mois les acteurs éducatifs, parents, ACE, GIF,
Apprenants, afin qu’ils interrogent leur relation à la situation
éducative et qu’ils pointent les éventuels dysfonctionnements. Chacune
de ces réunions fera l’objet d’un rapport.
Désormais, une grande
place sera accordée, dans le Parcours de Formation, aux sorties
éducatives. Cette année, les sorties éducatives suivantes sont
programmées : la ferme biologique de Chambray, le champ de bataille des
Écargues, la sucrerie Schutz, les locaux de L’Avenir du Logrois, le
musée des traditions rurales, l’usine d’emballage de Vermondois. Chacune
de ces sorties devra être préparée dans un esprit d’interdisciplinarité
par les différents enseignants concernés.
Enfin, autre nouveauté
non négligeable, le collège devra élaborer chaque année un Projet
Éducatif d’Établissement. Les discussions ont été très enrichissantes au
cours des vingt-quatre réunions des commissions consultatives. Au terme
de ces réflexions, le thème retenu pour cette année, comme certains
d’entre vous le savent déjà, est l’emballage. Je ne peux,
personnellement, qu’approuver le choix de ce thème fédérateur. Certains
collègues ont d’ores et déjà émis des suggestions d’activité et de
recherche autour de remballage : surface d’emballage et géométrie,
écologie de l’emballage, décoration de l’emballage en arts plastiques,
les matériaux d’emballage en physique, place de l’emballage dans la
civilisation américaine en langues. Nous attendons de nouvelles
suggestions, notamment en EPS et en français. »
Le directeur et
quelques professeurs se lancent dans un débat dont l’enjeu, à en juger
par leurs mines sérieuses, compétentes, semble d’une importance extrême.
Des termes tels que « projet d’établissement » ou « équipe pédagogique »
reviennent à intervalles rapprochés. Tu peux toujours essayer de suivre
: tu n’y comprendras rien. Ils semblent trouver de la jouissance dans
l’emploi de ce langage codé. Même si tu adoptes inconsciemment, toi
aussi, un air concerné, même si tu refuses de te l’avouer, déjà
t’écrase un irrépressible et noir ennui.
Mammifères
Pierre Mérot
Prix de Flore 2003
Flammarion 2003
Pierre
Mérot étale ses nuits où il enfile quatre litres de bière entrecoupés
de gin et de whisky. Un ivrogne « qui à sept heures du matin a déjà bu
la moitié de la tristesse du monde et qui a encore soif ». Il décrit ses
jobs, de façon très drôle, quand il évoque la maison d’édition Ubu où
règne un potentat aussi criblé de dettes que généreux en gros mots. Il
enchaîne sur son poste de prof au collège Walt-Disney (sic) d’une
banlieue populaire. Il assassine les réformes pédagogiques et les psys
donneurs de leçons qui se font cracher dessus par des gamins sans
limites. Il y est excessif, idiot de simplisme, mais on n’exige pas d’un
écorché qui a des litres d’alcool dans le sang l’objectivité d’un prof
d’univ.
Il contient deux chapitres géniaux sur l’EN : l’un sur
l’IUFM, l’autre sur son expérience en collège, qui m’ont fait pleurer de
rire. « Il (le narrateur) fréquenta les pédagogues de l’IUFM,
c’est-à-dire des ratés, des arrivistes, ou les deux à la fois. » Si vous
ne l’avez pas encore lu, précipitez-vous : ce qu’il dit sur les CPE, le
triangle pédagogique, la triste équipe du collège Walt-Disney... c’est
hélas une vision à peine transposée de la réalité.
Description
burlesque, avec schémas, d’une journée de formation pédagogique,
définition des « pré-requis », « évaluations » intermédiaires et
programmation des « séquences pédagogiques ». Le principal inonde les
nouveaux de très beaux conseils pédagogiques. Il leur rappelle les bases
du métier, lequel consiste à ne pas faire de vagues. Par exemple, si
l’on se fait cracher dessus ou voler son portefeuille, délits somme
toute modestes et bien compréhensibles, il est inutile de faire un
rapport et de demander une sanction.
– « Que cela soit bien clair,
chers collègues, conclut le principal, l’administration ne vous
soutiendra pas : sachez vous faire respecter ».
Dans son dernier roman L’Irréaliste
Mérot se prend un peu trop pour Céline mais il y a encore quelques bons
passages notamment sur ce qu’est devenu l’enseignement du français.
«
La langue écrite au lycée s’inspire du français. En vertu des libertés
fondamentales garanties par la République, son usage est laissé à
l’appréciation de chacun. L’accentuation et la ponctuation sont
abrogées. Tous les écrivains français sont nés au XVIIIe siècle. Nul
n’est tenu de rédiger plus de dix lignes en une heure. Marseille jouxte
la frontière belge. Un livre ne doit pas excéder trente pages. Louis XIV
a été élu au suffrage universel. L’orthographe est une entrave à la
liberté d’expression. Gustave Maulière est l’auteur de Samantha Bovari.
On ne saurait exiger plus d’une heure de travail par semaine. Les trois
écrivains français sont, par ordre alphabétique, Voltaire, Victor Hugo
et Pablo Picasso. Les énoncés présentant une apparence logique sont
valorisés, sous réserve que leur nombre ne soit pas inférieur à un par
copie. »
Propos sur l’Éducation
Alain.
La barbarie douce. : La modernisation aveugle des entreprises et de l'école
Jean-Pierre Le Goff
Depuis
les années 1980, la "modernisation" est partout à l'ordre du jour. Mais
au nom de la nécessaire adaptation aux "mutations du monde
contemporain", c'est bien souvent une véritable "barbarie douce" que
cette modernisation aveugle installe au cœur des rapports sociaux.
C'est
ce que montre Jean-Pierre Le Goff dans ce livre, dans deux champs
particulièrement concernés par le phénomène : l'entreprise et l'école.
La barbarie douce s'y développe avec les meilleures intentions du monde,
l'"autonomie" et la "transparence" sont ses thèmes de prédilection.
Elle déstabilise individus et collectifs, provoque stress et angoisse,
tandis que les thérapies en tout genre lui servent d'infirmerie sociale.
L'auteur met à nu la stupéfiante rhétorique issue des milieux de la
formation, du management et de la communication. Et explique comment
elle dissout les réalités dans une "pensée chewing-gum" qui dit tout et
son contraire, tandis que les individus sont sommés d'être autonomes et
de se mobiliser en permanence.
L'auteur montre que cette barbarie
douce a partie liée avec le déploiement du libéralisme économique et
avec la décomposition culturelle qui l'a rendue possible. Et il explore
les pistes d'une reconstruction possible pour que la modernisation tant
invoquée puisse enfin trouver un sens
L'école en Europe : Politiques néolibérales et résistances collectives
Ken Jones
Dirigée
par Jean-Pierre Terrail, la collection " L'enjeu scolaire» intervient
dans le debat sur la démocratisation de l'école. Privilégiant l'apport
de connaissances, elle s'intéresse à la transmission des savoirs, aux
pratiques des agents scolaires, aux comportements des élèves et des
familles.
Déjà disponible dans plusieurs pays européens, cet
ouvrage propose pour la première fois un état des lieux de l'école en
Europe. Il montre non seulement la cohérence et la profondeur des
transformations des politiques scolaires actuellement en cours, mais
aussi le danger qu'elles représentent.
Réunissant des chercheurs
européens qui s'appuient sur des enquêtes en grande partie inédites en
France. " L'École en Europe», dirigé par Ken Jones, professeur à
l'université de Londres, analyse la manière dont ces transformations
sont déclinées dans les différents pays de l'Union européenne -autonomie
locale, étapes vers la privatisation, etc. -, et leurs effets concrets
sur les dispositifs pédagogiques : accroissement des inégalités,
renoncement aux savoirs... Il réfléchit également sur l'émergence
progressive de stratégies de résistance et d'alternatives à ce nouvel
ordre scolaire européen.
«L'École en Europe» est un outil pour
celles et ceux qui veulent comprendre les transformations de l'école en
France et renouer avec le projet d'une école plus juste et plus
démocratique.
Internet rend-il bête ? : Réapprendre à lire et à penser dans un monde fragmenté
Nicholas Carr
C'est
bien sûr à une révolution technique et informationnelle que nous
assistons avec Internet. Mais c'est surtout à une révolution dans notre
cerveau ! Vous aviez l'habitude de lire tranquillement et de façon
linéaire un livre sur lequel vous portiez toute votre attention. Cela
pouvait durer des heures pendant lesquelles vous, lecteurs, vous
immergiez dans le monde singulier d'un auteur, en y mettant toute la
concentration que vous désiriez. Regardez maintenant ce qui se passe
quand vous vous connectez à Internet. Vous zappez de page en page par
des liens qui vous promènent ici et là, et pendant ce temps vous êtes
aussi bombardés de messages, parfois d'alertes vous informant qu'un mail
vient de vous arriver ou qu'une nouvelle récente vient de mettre un
blog ou un site Web (sur un flux RSS) à jour. Que se passe-t-il alors
dans notre esprit ? En quoi cet environnement électronique change-t-il
notre état mental, voire notre comportement social ? Ne serons-nous
bientôt plus capables de nous concentrer plus de quelques minutes sur un
texte ? N'allons-nous pas nous contenter de picorer ici et là quelques
bribes (de textes, de vidéos, de messages audio) ? Notre cerveau,
incroyablement plastique, s'adapte très vite aux nouvelles technologies
et à leurs nouvelles tentations... Quels sont les avantages et les
inconvénients de ces changements pour notre esprit ? Nicholas Carr pose
ici une question fondamentale : quel monde nouveau l'Homo sapiens
vient-il de se forger et y résistera-t-il ? Dans un détour historique
passionnant, il nous rappelle que l'homme s'est constamment créé de
nouvelles façons de penser. D'abord en inventant l'écriture (Sumer, les
hiéroglyphes égyptiens, et le passage de la culture orale à l'écrit)
puis en faisant évoluer la lecture (devenue silencieuse après des
siècles où elle se fit à voix haute). L'imprimerie lui a fait accomplir
un saut nouveau dans l'accès à la connaissance. Et jusqu'à très
récemment, la capacité à se concentrer dans la lecture, pour tout
apprentissage, a été au cœur de notre mode d'éducation. Que va-t-il se
passer maintenant que des professeurs d'université - même en littérature
- ne parviennent plus à faire lire leurs étudiants (Guerre et Paix, A
la recherche du temps perdu, c'est bien trop long). Internet va-t-il
nous rendre stupides, comme le laissent entendre certaines études
scientifiques ? Elles montrent en effet que notre compréhension d'un
texte est meilleure quand nous pouvons le lire posément, sans être
incité par des liens divers (liens hypertexte) à l'" approfondir " d'une
manière ou d'une autre (par telle ou telle vidéo ou interview
complémentaire, tel autre texte explicatif, etc.) ! Comment les
générations futures vont-elles penser ?
Petit traité de la bêtise contemporaine : Suivi de Comment (re)devenir intelligent
Marilia Amorim
Pour
tous ceux qui sentent l'emprise grandissante du discours bête et qui
cherchent à comprendre comment il fonctionne pour mieux y échapper,
voici un texte philosophique qui procède d'une déambulation dans la
ville, comme autrefois Socrate dans la Cité, en s'arrêtant dans certains
endroits sensibles et en commentant à vif certains problèmes liés aux
discours qui se profèrent et aux paroles qui s'échangent.
Le
lecteur se trouve donc embarqué dans une aventure : voir ce qu'il ne
voyait pas, entendre ce qu'il n'entendait pas et comprendre ce qu'il ne
comprenait pas. Il se rend compte alors que, s'il y a une parole qui
rend bête, il y en a aussi une autre qui rend intelligent. Celle-ci est
porteuse de mémoire collective, ce qu'on désigne communément par
culture. Nous sommes ainsi dans une nouvelle forme du combat entre la
bêtise et la culture qu'il importe, aujourd'hui, de mener tous les
jours.
Dans un style vif et incisif, Marilia Amorim ne
philosophe pas «à l'allemande» avec des démonstrations purement
conceptuelles, mais «à la française» avec un petit côté Neveu de
Rameau... et parfois même un peu «à la brésilienne» (où, par exemple,
les objets peuvent parler).
Marilia Amorim est maître de
conférences à l'université de Paris 8. Elle a été professeur du
département de psychologie sociale de l'université fédérale de Rio de
Janeiro.
L’utilité de l’inutile
Manifeste de Nuccio Ordine
158 pages
BELLES LETTRES 2013
Il
n’est pas vrai pas même en temps de crise que seul ce qui est source de
profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des
savoirs réputés « inutiles » qui se révèlent en réalité d une
extraordinaire utilité. Dans cet ardent pamphlet, Nuccio Ordine attire
notre attention sur l’utilité de l’inutile et sur l’inutilité de
l’utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon,
Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Kant,
Tocqueville, Newman, Heidegger) et de grands écrivains (Ovide, Dante,
Pétrarque, Boccace, L Arioste, Cervantès, Lessing, Dickens, Okatura
Kakuzô, García Márquez, Ionesco, Calvino), Nuccio Ordine montre comment
l’obsession de posséder et le culte de l’utilité finissent par dessécher
l’esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l’art et
la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telle que la
dignitas hominis, l’amour et la vérité.
Dans son remarquable essai
traduit pour la première fois en français, Abraham Flexner souligne que
les sciences, elles aussi, nous enseignent l’utilité de l’inutile.
Ainsi, s’il élimine la gratuité et l’inutile, s’il supprime les luxes
jugés superflus, l’homo sapiens aura bien du mal à rendre l’humanité
plus humaine.
Le goût des études ou comment l’acquérir
Massimo Piattelli-Palmarini
Poche: 352 pages
Odile Jacob 2004
Vous
n’aimez pas les maths ? Vous détestez la physique ? Vous vous embêtez
en cours d’histoire ou de philosophie ? Étudier est pour vous une corvée
?
L’école, le lycée, l’université enseignent surtout des
connaissances. Pour les acquérir et les digérer, un « déclic » que ne
produit aucun manuel scolaire est nécessaire : il faut avoir le goût
d’apprendre et savoir comment faire. Tel est le but de ce livre plein
d’humour et d’astuce.
Des conseils très concrets qui permettront de
susciter chez tous, petits et grands, l’étincelle qui permettra ensuite
de réussir ses études.
Massimo Piattelli Palmarini, spécialiste
de sciences cognitives, est directeur de recherche au Massachusetts
Institute of Technology de Boston. Il a notamment enseigné à l’EHESS, à
l’Université Harvard. Il est l’auteur de La Réforme du jugement et du Petit Traité sur Kant à l’usage de mon fils.
L'inégalité des chances
Raymond Boudon
Poche 352 pages
Fayard/Pluriel 2011
Quels
sont les effets de l'augmentation de la demande d'enseignement sur la
mobilité sociale entre générations, sur les inégalités économiques ? Y
a-t-il des différences entre les nations industrielles du point de vue
de l'égalité des chances ? Telles sont quelques-unes des questions
auxquelles répond ici Raymond Boudon. Son ouvrage est un classique de la
sociologie qui suscita un vif débat au moment de sa publication, car il
exprimait un certain scepticisme envers les capacités de l'institution
scolaire de réduire les inégalités. De fait, vingt ans après, ces
analyses se sont révélées justes, mais malgré l'avertissement salutaire
de Boudon, l'illusion persistante d'une démocratisation par l'école
continue de régir les politiques publiques.
Biographie de l'auteur
Raymond Boudon, professeur à la Sorbonne, a publié dans la collection Pluriel La Logique du social (2001). Il est le coauteur, avec François Bourricaud, du Dictionnaire critique de la sociologie (PUF, 2000) et l'auteur notamment de Renouveler la démocratie (Odile Jacob, 2006).
A l'école des dyslexiques : Naturaliser ou combattre l'échec scolaire ?
Sandrine Garcia
Editions La Découverte 2013
Ou des théories irréfutables mais irréalisables en pratique.
Existe-t-il
une différence de nature entre un mauvais lecteur et un enfant
dyslexique ? Les méthodes ont-elles une responsabilité dans les troubles
des apprentissages ? Certains incriminent ainsi la « méthode globale »,
tandis que d'autres imputent les difficultés de ces enfants à leur
milieu social.
Les pouvoirs publics ont, de leur côté, tranché en
faveur d'une approche médicalisante avec la loi de 2005. Sous couvert
de « reconnaître » le handicap que constituent les troubles des
apprentissages, ils ont en fait éludé la question pédagogique. Pourtant,
il est aujourd'hui impossible d'affirmer que les problèmes de lecture
d'élèves rapidement classés comme « dyslexiques » relèvent de
dysfonctionnements cognitifs. Il semble au contraire nécessaire de
considérer que la dévalorisation des aspects les plus techniques de
l'apprentissage par les experts de la lecture a conduit à nier les
difficultés réelles de cet apprentissage. En définitive, la
frontière entre les enfants souffrant d'une pathologie de la lecture et
les autres relève avant tout d'une construction sociale et d'un partage
des territoires d'intervention entre les professionnels de l'éducation
(enseignants) et de la rééducation (orthophonistes).
S'appuyant
sur une enquête menée auprès de parents d'enfants dyslexiques, ce livre
montre que les difficultés d'apprentissage sont toujours rapportées aux
incapacités cognitives des élèves, qui se trouvent ainsi scolairement
stigmatisés. Dès lors, le recours à la catégorie de dyslexie devient,
pour les parents, une ressource paradoxale, leur permettant d'échapper à
la stigmatisation et au renoncement pédagogique du système scolaire.
Crise des valeurs éducatives et postmodernité
David Lucas, docteur en philosophie.
L’Harmattan, 228 pages, 2009.
Il
est manifeste que l’éducation des enfants connaît une crise profonde,
et que tout ce sur quoi elle reposait jusqu’alors a été remis en
question au cours de ces dernières décennies. C’est l’ensemble de notre
système de transmission des valeurs, du savoir,des savoir-faire et du
savoir-vivre qui se trouve ébranlé jusque dans ses fondements, et comme
happé par la machine du pédagogisme, les incessantes réformes mais aussi
l’impuissance des adultes à assumer une autorité dont une certaine
idéologie libérale-libertaire ne cesse de contester la légitimité.
Au-delà du seul contexte scolaire, c’est à présent au tour de l’enfant
de “jouir sans entraves”et de ne plus céder la priorité aux adultes.
Ainsi les droits de l’enfant tendent-ils à éclipser les exigences de ses
devoirs, que les éducateurs ne peuvent plus imposer sans en éprouver
une pointe de culpabilité. Peut-on dire alors que les conditions de
l’éducation sont encore réunies, à l’heure où s’est instauré un rapport
d’égalité plus ou moins explicite entre l’enfant et l’adulte ?
Il
faudrait d’abord se mettre d’accord à propos de ce que signifie
l’éducation, et en comprendre la nature avant de se demander si elle est
encore possible. Au fond, l’éducation est tout entière déterminée par
les valeurs de la société à laquelle elle prépare, car on éduque
toujours en vue d’une fin et dans un but sur lequel la collectivité
s’est tacitement accordée.
Or le champ des valeurs contemporaines
a connu un radical bouleversement autour des années 1960, et les
pratiques éducatives allaient effectivement s’en trouver profondément
transformées. À grands traits, il est possible de considérer que
jusqu’après-guerre, éduquer consistait à conduire l’enfance au respect
et à l’intégration de la norme adulte. La réussite de l’éducation se
mesurait par la façon dont l’enfant avait dépassé son état naturel à la
faveur de l’exemple donné par ses aînés, et les moyens employés
correspondaient naturellement à cette finalité, essentiellement en
termes d’autorité et de transmission.
Les années 1960 ont alors
renversé l’échelle des valeurs éducatives en portant une plus grande
attention aux raisons de l’enfance. Cet intérêt pour l’enfant a sa part
de noblesse et de légitimité, et seuls ses excès menacent à présent la
possibilité même de l’éducation. Les nouvelles valeurs éducatives ne
sont effectivement plus celles de la maturité, mais consistent davantage
en l’expression et l’épanouissement des penchants de l’enfance qu’en
leur réformation.Aux exigences de la transmission succèdent les
mouvements de la spontanéité infantile, et les adultes ne doivent plus
tant montrer la voie qu’accompagner ce qui émerge spontanément du jeune
âge.
Ce changement de finalité déconcerte l’éducateur dans
l’exacte mesure où la spontanéité s’oppose à la transmission, et où
aucun enfant n’est spontanément disposé à assumer les exigences de ce
que les adultes voudraient pourtant lui transmettre. Qu’il s’agisse des
règles de grammaire, de l’ordre des nombres, mais aussi de l’équilibre
alimentaire ou plus largement de ce qu’Érasme appelait la civilité
puérile, rien de tout cela n’est spontanément reçu par l’enfance. Ces
contenus ou ces attitudes sont de prime abord contraignants et il en
découle des exigences qu’il faut pouvoir imposer. Un élève véritablement
“constructeur de son savoir”, comme on le dit maintenant, risque de se
trouver fort dépourvu face aux règles et conventions – apparemment
arbitraires – de l’orthographe. Le refus de transmettre un héritage
culturel prétendument destiné à reproduire les rapports de domination
sociale conduit d’ailleurs à ce qu’Alain Finkielkraut appelle «
l’ingratitude » – vis-à-vis de notre passé et de notre patrimoine –
ainsi qu’à une inévitable fabrique de “crétins” ou de “sauvageons”,
c’est selon.
L’éducation contemporaine est donc paralysée par
cette contradiction interne entre un champ de valeurs de plus en plus
exagérément acquises à la spontanéité infantile et la nécessité où se
trouve la société, si elle ne veut pas sombrer dans le chaos, d’imposer
aux jeunes générations les exigences d’une culture sans laquelle
l’individu se trouve finalement privé d’une part de civilisation. Car
une enfance laissée à ses penchants naturels est exposée, nous le voyons
de plus en plus, aux mœurs barbares dont témoigne par exemple le très
beau film de Peter Brook, adapté du livre de William Golding, Sa Majesté des Mouches. Mais comment notre civilisation peut-elle prétendre s’assurer de ses remparts sans en imposer les exigences à ses enfants ?
"La crise de l'éducation"
Un chapitre de La crise de la culture d'Hannah Arendt
Elle y décrit ce qu'y s'est passé aux USA dans les années 20-25. Il
suffit de changer la date : années 70-75, et le lieu : France au lieu
de Etats-Unis, et c'est quasiment superposable. Hallucinant !
La revanche du parti noir, La lente mise à mort de l’École publique
Pierre Roy, Michel Godicheau, Michel Eliard.
Éditions Abeille et Castor, 2011.
Quand
les plus belles conquêtes de l’esprit des Lumières comme l’instruction
publique sont remises en cause, il appartient à tout citoyen de se
demander pourquoi les principaux fondements de l’État républicain
vacillent.
Pourquoi la République française a-t-elle, à un moment
donné, jugé utile de salarier des maîtres pour instruire la presque
totalité des enfants, se substituant ainsi aux Églises?
Demain,
cette même République pourrait-elle cesser de le faire ? Les
gouvernements, qui se succèdent depuis un demi-siècle, n’ont-ils pas
commencé à se désengager? Est-ce la revanche du « parti noir », ce «
parti clérical » dénoncé par Victor Hugo en 1850 ?
« Voici un livre
essentiel, écrit Henri Pena-Ruiz, d’une actualité vive, qui conjugue un
cri d’alarme salutaire, une étude éclairante de l’histoire lointaine et
récente, et une philosophie de l’émancipation décisive. »