samedi 23 mars 2019

TÉMOIGNAGES : Comparaisons entre l'école des années 60 et l'école d'aujourd'hui

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Jean-Paul Saint-Marc 
La faute est bien sûr à l’idéologie pédagogiste, il ne faut plus sanctionner, tout s’éduque ! Dès les années 70 le « SurGé » (surveillant général) est devenu le CPE (Conseiller Principal d’Education), nous sommes passés de Voltaire à Rousseau… et vive le bon (petit) sauvage ! On voit ce qu’il est devenu !

Et l’élève est devenu l’égal du professeur dans l’Ecole ! Il a des droits spécifiques, c’est un citoyen, il s’exprime, il a même ses syndicats…


La même époque a vu la réforme des collèges, la disparition des niveaux (les mêmes programmes appliqués avec une difficulté différente) vers le collège unique ! Les difficultés des élèves ne pouvaient être que sociales (Bourdieu)… Ce qui n’est pas totalement faux, l’organisation en niveaux (la sélection par l’échec a-t-on dit) et l’orientation en collège cantonnaient les élèves dans leurs milieux mais la réalité était mise en avant, ceux qui voulaient et pouvaient faire des efforts, ceux dont les parents se souciaient de leur avenir, étaient aidés (en particulier : bourses au mérite et non sociales et de droit comme maintenant)… On aurait pu renforcer l’aide aux plus faibles et maintenir les exigences, c’était admettre que la cause n’était pas que sociale !

A un moment, j’ai eu à enseigner des maths dites modernes… Il était alors dit que les maths traditionnelles reproduisant les inégalités sociales, il fallait les faire disparaître et les inégalités seraient vaincues ! Ce fut pire ! Certes satisfaisantes intellectuellement mais pas adaptées pour des esprits demandant du concret et pas de l’abstrait ! En Français l’inénarrable Meirieu conseillait de faire étudier le Français dans des articles de journaux ! Plus tard il a reconnu ses torts, mais il a continué à donner des conseils délétères au lieu d’en tirer la leçon (on ne quitte pas le devant de la scène comme cela !) !

Les moins bons, j’ai eu à les connaître, étaient alors orientés en CET ou en apprentissage… pour avoir un métier à la sortie… Au moins le chômage n’était pas un objectif professionnel comme il est devenu de fait ! Et pour préciser, mes élèves de 1re année CAP mécanicien (3 ans) sortant de 5e de transition (73/74) avaient pour beaucoup un niveau en français supérieur à mes élèves de 2de générale en 2009 ! Avec un CAP, un ouvrier était qualifié et compétent !

Aujourd’hui un CAP est attribué à un handicapé mental, il s’est vu substituer le Bac Pro qui parfois n’a même pas le niveau des anciens CAP ! Le Bac Pro, son programme (math-sciences) est effectivement proche du BAC général, mais il est attribué avec un 0 en math-sciences (le 0 n’est plus éliminatoire), même pour des spécialités demandant des connaissances techniques et scientifiques avancées… Désormais pour un niveau un peu plus élevé, on va en BTS… Ainsi, de diplôme en diplôme, la démagogie a prévalu !

Nous avons eu le spectacle de ces gosses sortant de LP avec un Bac Pro à qui on a fait croire qu’ils pouvaient aller en FAC ! 2 à 5% suivant les filières passaient en 2e année et aucun en licence !

5 février 2019 at 11 h 05 min

Gromago

C’est surtout ce qu’on apprend à l’école qui fait décrocher les jeunes. Aucun sens de l’effort requis donc aucun résultat.
Tout est devenu de la bouillie de chat : les matières, les méthodes.
Nos matières, c’étaient : Cicéron, Aristophane, Homère, Shakespeare, Racine, Molière, Chateaubriand, Rimbaud, Sartre.
Pas à la fac, pas au lycée. Au collège : Entre 10 et 16 ans.

On avalait tout cela, bon gré mal gré et grâce à des profs passionnants, on faisait des concours de version latine bénévoles le samedi matin à l’aube.

On était - comment dit-on ? - "tirés par le haut". Même les cancres admiraient les bons et adoptaient leur méthode de drague en essayant d’être moins mauvais.

Le modèle ambiant était le bon élève et le bon prof.

Aujourd’hui, c’est le contraire. L’élève-voyou, le prof qui aplatit devant les voyous, les matières sans consistance, les programmes flous.

Non, il n’y a pas plus d’inégalités dans les banlieues, qu’on arrête de nous bassiner avec ça. A l’époque, on en chiait autant dans les pas-banlieues que dans les banlieues.
Du temps de ma jeunesse, fallait bosser et personne ne nous venait en aide devant notre feuille de thème ou de dissertation .

On était seuls avec nos petits neurones et la perspective d’un moins 6 points pour un barbarisme ou 2 pour un solécisme. Et une dissertation par semaine, fallait cogiter pendant que les parents allaient au restaurant.

A 12 ans, c’était pas la joie.

Mais on tenait bon, on respectait la règle du jeu. La règle du jeu c’était : tu respectes ton prof, tu te respectes. Et tu essayes de hausser ton esprit de cloporte au niveau du Cid ou de Beaumarchais.

Chaque petit pas pour essayer de les comprendre est un petit pas pour l’homme mais un grand pour l’humanité.

Oui, chaque jour, on marchait sur la lune ! Et ce voyage, même les plus nuls, cela les faisait grandir.

Cela s’appelle la Culture. Cela s’appelle l’honneur,la fierté d’un pays.
Et cette culture est un ciment entre les élève.

Non, Monsieur le professeur, on ne vous oubliera jamais .

Aujourd’hui, il y a juste un rejet des valeurs. De TOUTES les valeurs, de tous les repères. C’est dramatique. La marabunta communautariste, c’est le nivellement des valeurs, ça avale tout, et après, ça dégueule sur tout.

Comment voulez-vous que des enfants s’en sortent entre le refus du système, la haine de son pays et le mépris de la culture ?

5 février 2019 at 11 h 15 min

1 commentaire:

  1. Certes, chaque chose à son temps. les programmes ne devraient que changer avec les progrès scientifiques. Ces progrès doivent tenir compte de l'éthique et de la morale, des notions élémentaires de civisme de l'environnement et autres.L'éducation quitte de temps en temps les rails. Un prophète scientifique avait déjà alerté nos psychopédagogues en ces termes :" science sans conscience n'est que ruine de l'âme".les progrès ne devraient surtout pas détruire les valeurs morales de nos sociétés. Toute réforme qui: 1- déshumanise; 2- qui démotive d"abord l'enseignant et ensuite les apprenants de tout âge confondu, doit-être combattue à bec et ongles.

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