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vendredi 16 novembre 2012

Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, dirigé par F. Buisson (1ere éd. 1887 et 2e éd. 1911)


358 auteurs, 2 600 articles répartis en deux fois deux volumes, un traité de pédagogie théorique (Première Partie) et un cours complet d’instruction primaire (Deuxième Partie), au total 4 590 pages : le Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire de Ferdinand Buisson[1] achevé en février 1887, après dix années de travail, est une somme impressionnante. À la mesure de l’ambition de son maître d’œuvre : doubler la déconfessionnalisation de l’école élémentaire, objectif idéologique central des lois Ferry, d’une profonde révolution pédagogique.

Nommé en février 1879 Directeur de l’enseignement primaire, Ferdinand Buisson entend en effet fonder le nouvel ordre scolaire, esquissé par le monarchiste Guizot[2] et revu par le républicain Jules Ferry, sur une conception moderne de l’instruction, respectueuse de l’enfant, confiante dans les potentialités de sa «jeune intelligence », visant à armer sa raison pour lui permettre de faire face à l’expansion de la société industrielle.

Le Dictionnaire témoigne de cette volonté de rupture. Il condamne sans appel les méthodes scolastiques et les pratiques coercitives et stériles de la « vieille école » remises à l’honneur au milieu du siècle par «Monsieur Thiers», rapporteur de la loi Falloux et porte-parole d’un parti réactionnaire que révulsait l’idée d’un peuple instruit au-dessus de sa condition. Il analyse de manière critique les apports des précurseurs de la pédagogie moderne, Rabelais, Montaigne, Comenius, Condillac, Rousseau ou Pestalozzi. Il invite, sans a priori politique, les meilleurs spécialistes de l’époque, en grammaire, mathématique, histoire, géographie, littérature, sciences naturelles à dégager les éléments de leur savoir pour les transmettre aux élèves de l’école publique. Il dresse l’inventaire des procédés d’enseignement les plus efficaces et les plus formateurs expérimentés en Europe et aux Etats-Unis dont les object lessons qui deviendront les célèbres leçons de choses. Il indique la marche à suivre pour faire accéder l’enfant à l’abstraction et lui ouvrir les portes de la connaissance.[3]

Conçu pour être l’instrument organique de la politique d’instruction publique voulue par les Républicains à la fin du XIXe siècle, il est livré par fascicules, au rythme de sa rédaction, à ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre, ces premiers instituteurs laïcs que Péguy baptisera « hussards de la République ». S’adressant à eux dans la préface de la Deuxième partie, Buisson leur donne, à propos de l’enseignement du calcul, le mode d’emploi de ce viatique :

Veulent-ils… entreprendre tout d’une haleine la révision d’un ordre quelconque d’enseignement, de l’arithmétique par exemple ? Ils se reporteront à l’article Arithmétique ; cet article contient un programme ou un plan du cours qui leur indiquera la succession méthodique des leçons et le mot auquel ils trouveront chacune d’elles : d’abord Numération, puis Addition, Soustraction, etc., et ainsi de suite jusqu’aux Logarithmes, aux Amortissements, et aux questions de Banque. [...]

Et plus loin, il condense en quelques lignes la philosophie éducative qui doit inspirer leur action :

Le Dictionnaire leur donnera ordinairement plus qu’ils n’auront eux-mêmes à enseigner : mais c’est l’esprit même des réformes scolaires contemporaines de ne pas proportionner la culture du maître aux nécessités étroites de son enseignement journalier, mais à ce qu’il doit savoir lui-même pour être en état de choisir, parmi les connaissances et parmi les méthodes, celles qui répondent aux besoins et aux facultés de ses élèves.

Liberté pédagogique permise par une culture étendue, attention portée à l’élève, objectifs ambitieux et progressions graduées (des quatre opérations aux applications pratiques des suites géométriques !), tels sont donc les éléments constitutifs de la révolution éducative impulsée par le Directeur de l’enseignement primaire de Jules Ferry.


[1] Ferdinand Buisson (1841-1932). Directeur de l’enseignement primaire de 1879 à 1896, président de la Ligue de l’enseignement de 1902 à 1906, fondateur de la Ligue des droits de l’homme, Prix Nobel de la paix 1927.

[2] Ministre libéral de l’Instruction publique de Louis-Philippe de 1832 à 1837, François Guizot, par la loi du 28 juin 1833, oblige chaque commune à ouvrir une école publique de garçons et à entretenir un maître. La loi instaure par ailleurs un enseignement primaire supérieur, dispensé dans les communes de plus de 6000 habitants et crée, à côté du brevet élémentaire, un brevet supérieur. Pour la formation des maîtres, il est prévu d’ouvrir une école normale primaire par département.

[3] Nous nous en tenons ici à la première édition du Dictionnaire. L’analyse des variations entre celle-ci et le Nouveau dictionnaire publié en 1911, ainsi d’ailleurs que celle de l’évolution des positions de Ferdinand Buisson après la guerre, n’entre pas dans le cadre du présent ouvrage.

Début de la Préface à La pédagogie oubliée (cf. Infra)

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LA PÉDAGOGIE OUBLIÉE

Choix d'articles du Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire de Ferdinand BUISSON

Textes choisis et commentés par Michel DELORD et Guy MOREL



Sommaire

AVANT-PROPOS :

Une révolution pédagogique : le Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire de Ferdinand Buisson, par Michel DELORD et Guy MOREL


PREMIÈRE PARTIE. LES CHEMINS DE LA RAISON : LA MÉTHODE INTUITIVE

Introduction
MÉTHODE INTUITIVE, PROGRAMMES ET ABUS DES MÉTHODES
BRÈVES REMARQUES SUR L'ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE
L'ABSTRACTION MATHÉMATIQUE DANS LA MÉTHODE INTUITIVE ET LES ' MATHS MODERNES ''
POUR TOUTES LES MATIÈRES, L'ENSEIGNEMENT CONCEPTUEL DES RUDIMENTS


Articles du Dictionnaire Pédagogique
Intuition et méthode intuitive
Analogie
Activité
Abstraction
Leçons de choses
Condillac
Mémoire


DEUXIÈME PARTIE. ÉCRIRE-LIRE : LA MÉTHODE DES MAÎTRES RÉPUBLICAINS

Introduction ( En cours de rédaction)
Pourquoi faut-il que nos grands-parents n'aient pas su lire ?
Une rupture avec les procédés scolastiques : l'écriture-lecture de Ferdinand Buisson,
La « lecturisation » : du néant de la pensée aux régressions éducatives et à la coercition douce
Concluons


Articles du Dictionnaire Pédagogique
Abécédaire
Lecture
Écriture-lecture
Lecture : la méthode Schüler
Phonomimie
Orthographe
Dictée
Grammaire



TROISIÈME PARTIE. COMPTER-CALCULER : « LA CONNAISSANCE INTIME DU NOMBRE »

Introduction
Compter-Calculer jusqu'en 1970
L'enseignement simultané de la numération et de la mesure
L'enseignement simultané de la numération et des quatre opérations
L'importance du calcul mental
Depuis 1970
Rupture de la liaison entre l'apprentissage de la mesure et l'apprentissage du calcul
Réduction du calcul au numérique
Rupture de la liaison entre l'apprentissage du calcul et de la numération
Destruction de la notion même de calcul mental
Faut-il savoir calculer à la main ?


Articles du Dictionnaire Pédagogique
Numération
Boulier
Calcul intuitif
Calcul
Calcul mental (1e partie)
Calcul mental (2e partie)
Arithmétique
Division
Problèmes
On se reportera à   les deux adresses
http://www.slecc.fr/buisson.htm
et
http://michel.delord.free.fr/buissonbook

Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, Hachette, 1887. source : http://michel.delord.free.fr/dp
 [dirigé par
- Ferdinand Buisson , directeur de l'enseignement primaire du ministère de l'Instrution Publique (1882-1896)
- James Guillaume, rédacteur en chef  et également secrétaire de rédaction de la Revue Pédagogique]
a) Eléments sur Ferdinand Buisson, James Guillaume, Paul Robin

- Ferdinand Buisson, Hommage à James Guillaume , In Vie ouvrière, 20 février 1914, pages 212 à 214, numéro spécial consacré à James Guillaume pour son soixante-dixième anniversaire.

- Maurice Dommanget , Ferdinand Buisson et Paul Robin, In Maurice Dommanget,  Les grands socialistes et l'éducation, Collection U, Armand Colin 1970, extraits du chapitre Paul Robin,  pp.332-334.

- Marc Vuillemier , James Guillaume, 1844 - 1916.

b) Articles du dictionnaire
Article Abstraction - Auteur Ferdinand Buisson* .Tome I de la première partie, pages 9 à 11. http://michel.delord.free.fr/fb_abstr.pdf

Article Abstraction - Auteur Ferdinand Buisson* .Tome I de la deuxième partie, pages - 6 et 7. http://michel.delord.free.fr/fb_abstr.pdf

Article Boulier  - Auteur Ferdinand Buisson* .Tome I de la première partie, pages 270 à 271. http://michel.delord.free.fr/fb_boul.pdf

Article Calcul - Auteur Ferdinand Buisson* .Tome I de la première partie, pages 314 à 316 . http://michel.delord.free.fr/fb-calc.pdf

Article Calcul intuitif- Auteur Ferdinand Buisson* .Tome I de la première partie, pages 314 à 316 . http://michel.delord.free.fr/fb-calcintuit.pdf


Article Calcul mental  - Auteur G. Bovier-Lapierre .Tome I de la deuxième partie, pages 325 à 327 . http://michel.delord.free.fr/dp-calcment.pdf

Article Dictée  - Auteur Charles Defodon . Tome I de la première partie, pages 702 à 704. http://michel.delord.free.fr/dp-dictee.pdf

Article Dictée  - Auteur J. Dussouchet. Tome I de la deuxième partie, pages 588 à 589. http://michel.delord.free.fr/dp-dictee.pdf

Article Discipline - Auteur James Guillaume, Ferdinand Buisson (?), Tome 1 de la première partie, pages 715-716. http://michel.delord.free.fr/fb_discipline.pdf

Article Ecriture-Lecture -Auteur James Guillaume. Tome I de la première partie, pages 801 à 803. http://michel.delord.free.fr/dp-ecritlect.pdf 

Article Instruction Publique - Auteur Ferdinand Buisson*. Tome II de la première partie, pages 1365 à 1368. http://michel.delord.free.fr/dp-instrpub.pdf 


Article Intelligence - Auteur Georges Dumesnil. Tome II de la première partie, pages 1368 à 1370. http://michel.delord.free.fr/dp-intell.pdf

Article Intelligence - Auteur Ferdinand Buisson*. Tome II de la deuxième partie, pages 1042 à 1044. http://michel.delord.free.fr/dp-intell.pdf

Article Intuition et méthode intuitive - Auteur Ferdinand Buisson* .Tome II de la première partie, pages 1374 à 1377. http://michel.delord.free.fr/fb_intuit.pdf
[ Précédé d'extraits  du Rapport sur l'Instruction Primaire  à à l'Exposition de Vienne ]

Article Jacotot - Auteur Bernard Perez.Tome II de la première partie, pages 1400 à 1405. http://michel.delord.free.fr/dp-jacotot.pdf

Article Lecture - Auteur James Guillaume. Tome I de la première partie,pages 1534 à 1551. http://michel.delord.free.fr/dp-lecture.pdf

Article Lecture – La méthode Schüler -Auteur Charles Defodon.Tome II de la deuxième partie, pages 1141 à 1143. http://michel.delord.free.fr/dp-schuler.pdf

Article Mémoire – Auteur Henri Marion  Tome II de la première partie , pages 1892 à 1895. http://michel.delord.free.fr/dp-memoire.pdf   

Article Problèmes -Auteur P. Leysenne. Tome II de la première partie, pages 2440 à 2447. .http://michel.delord.free.fr/dp-problemes.pdf
 
 * Article non signé. Provient directement de la rédaction du DP, le plus souvent de la plume de F. Buisson ou James Guillaume.


Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, Partie I, tome 1, numérisé par Gallica (format image). Lien Gallica si le lecteur présente le tome 2 (= bug) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k24232h.r=dictionnaire+de+p%C3%A9dagogie+et+d%27instruction.langFR

Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, Partie I, tome 2, numérisé par Gallica (format image)


Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, Partie II, tome 2 (Internet Archive)


Nouveau Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire Buisson, 1911, numérisé par INRP
Présentation par INRP

Tous les articles dans l'ordre alphabétique (liens vers le site de l'INRP)
Index par auteurs

Ferdinand Buisson fut élève au lycée Condorcet, puis obtint l'agrégation de philosophie.


Figure historique du protestantisme libéral, il s'exile volontairement en Suisse sous le Second Empire de 1866 à 1870, car il refusait de prêter serment au nouveau pouvoir; il fut professeur à l'Académie de Neuchâtel. Dès 1867, il participe au Congrès international de la Ligue internationale permanente de la paix et élabore un programme pour l'abolition de la guerre par l'instruction, aux côtés de Jules Ferry et de Victor Hugo. Parallèlement, il tente de mettre en place une Église protestante libérale, faisant appel aux pasteurs Jules Steeg et Félix Pécaut.

De retour en France, après la chute du second Empire, il s'engage lors du siège de Paris dans la protection des orphelins, ce qui le conduira à créer le premier orphelinat laïque, l'Orphelinat de la Seine.
Refusant d'enseigner la philosophie, car désireux d'œuvrer en faveur des enfants les plus pauvres, il fut, grâce à son amitié avec le ministre de l'Instruction publique Jules Simon, nommé à la direction des établissements scolaires parisiens. Il soutient l'orphelinat de Cempuis, fondé par le philanthrope Joseph-Gabriel Prevost et fait nommer à sa tête Paul Robin.

De 1879 à 1896, il fut appelé par Jules Ferry, successeur de Jules Simon, à la direction de l’Enseignement Primaire, avant de superviser le travail d’écriture et de conception des lois sur la laïcité. Député de la Seine de 1902 à 1914, puis de 1919 à 1924, il fut en particulier un ardent défenseur de l'enseignement professionnel obligatoire et du droit de vote pour les femmes. En 1890, il devient professeur de pédagogie à la Sorbonne. En 1898, partisan de la défense du capitaine Dreyfus, il participe à la création de la Ligue française des droits de l'homme dont il sera président de 1913 à 1926.

En 1905 il était le président de la commission parlementaire qui a rédigé le texte de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat.

Ferdinand Buisson fut également le maître d'œuvre d'un chantier éditorial remarquable : le Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, pour la rédaction duquel il s'entoura de plus de 350 collaborateurs. La première édition fut publiée par Hachette entre 1882 et 1887. Une nouvelle édition parut en 1911. Ne se limitant pas à un rôle de responsable éditorial, Buisson rédigea lui-même des articles emblématiques, comme Laïcité, Intuition, Prière... Son dictionnaire est considéré comme la « Bible » de l’école laïque et républicaine.

Partisan de la première heure de la Société des Nations (SDN), il se consacre ensuite au rapprochement franco-allemand surtout après l'occupation de la Ruhr en 1923, en invitant des pacifistes allemands à Paris et en se rendant à Berlin. Il reçut le prix Nobel de la paix en 1927 avec le professeur allemand Ludwig Quidde.


Source : Wikipedia

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